Flandre : l’idée d’un plafond salarial fait son chemin

14 août 2017 | Auteur : , et | Traducteur : Herve Voglaire Sanchez | Temps de lecture : 2 minutes

Pour Benoit Lannoo, il est grand temps qu’un plafond salarial soit mis en place pour les responsables politiques. Il s’agit de la seule manière pour eux de se défaire de leur réputation de pilleurs de caisse.

Une enseignante est payée avec des deniers publics. Son abonnement de bus est remboursé. Mais si elle doit se rendre à la journée portes ouvertes de l’école après avoir pris soin de déposer ses filles chez leur mamie, elle ne percevra aucune rémunération. Ni pour sa présence à l’école, ni pour les kilomètres parcourus.

Un infirmier est payé avec l’argent du contribuable. Il percevra une rémunération s’il se rend au centre de soins à vélo. Mais si une patiente lui raconte en larmes, après son service de nuit, que personne n’a pensé à son anniversaire, il fera un détour chez le fleuriste pour lui acheter un bouquet et gardera ensuite le ticket dans sa poche.

On pourrait ainsi empiler les exemples de personnes qui remplissent leurs obligations, voire les dépassent, sans se voir récompenser par l’État pour tout effort supplémentaire. Aucune ne reçoit des ponts d’or pour les efforts fournis. Le salaire de l’enseignante ou de l’infirmier n’est pas non plus mirobolant, mais il s’agit là d’un autre débat.

Pas de salaires démesurés

Loin de moi l’idée d’affirmer que nos dirigeants politiques sont surpayés. Le salaire de ministre-président n’est pas démesuré : plus de 10.000 euros nets par mois. Et tout comme une enseignante se doit d’être présente à une journée portes ouvertes, il est normal que le ministre-président ait été échevin et soit président du conseil communal. Pour autant, ce n’est pas une raison de le rémunérer au-delà de ces 10.000 euros sous la forme de jetons de présence ou de placements de retraite (cf. édition du 5 août).

John Crombez, président du sp.a, plaidait déjà pour un plafond salarial avant que ne soit révélé que le bourgmestre de Louvain percevait également une pension parlementaire. Le bourgmestre en question a aussi été député et ministre. De quoi se constituer des solides droits de pension, forcément. Qu’il touche ces émoluments de pension en plus de son salaire mensuel de près de 10.000 euros bruts est « légal » (argument classique brandi par les principaux intéressés), certes, mais pas transparent (cf. édition du 10 août).

La commissaire européenne en charge de l’Emploi se tue à la tâche et touche un salaire bien mérité de 20.000 euros bruts. Il est néanmoins indécent qu’un haut responsable de cette trempe rentre des notes de frais pour des « évènements liés au travail » tels que la réception de nouvel-an de son parti (cf. édition du 9 août), à travers un obscur système.

Ma démarche ne relève pas du populisme ; elle entend le dépasser. Que l’on en finisse avec toutes ces rémunérations opaques forfaitaires, ces jetons de présence et ces revenus cumulés. Des nouveaux cas remontent sans cesse à la surface et viennent alimenter la perception selon laquelle les politiques gagnent des montants considérables et se remplissent les poches sans vergogne.
Que l’on établisse des barèmes pour nos dirigeants. Les salaires fixés peuvent être confortables, mais des plafonds légaux doivent immédiatement voir le jour. Que l’on fasse une distinction entre ministre et premier ministre, député et président de groupe ou de commission, bourgmestre et échevin, commune de plus ou de moins de trente mille habitants. Mais que les choses soient claires : pas un sou de plus.

Il y a toutefois lieu d’avoir deux exceptions à l’esprit. Dans les communes de taille modeste, un mandat exécutif ne représente pas un travail à plein temps et la possibilité de combiner cette fonction avec un autre emploi doit exister. Afin de s’assurer que les mandataires se présentent à la commission ou aux réunions du Conseil dont ils sont membres, des jetons de présence sont envisageables, même si la meilleure solution serait d’offrir d’emblée un salaire décent que l’on viendrait amputer en cas d’absences injustifiées.

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De Standaard

Tiré à environ 100.000 exemplaires, De Standaard était à l’origine un quotidien conservateur. Quotidien généraliste de référence, il est édité par Mediahuis.

Traducteur : Herve Voglaire Sanchez
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Date de publication : 12/08/2017
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