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Paris-Roubaix: l’«imbécile» qui a fait tomber Lampaert risque jusqu’à 15.000 euros d’amende
20·04·22

Paris-Roubaix: l’«imbécile» qui a fait tomber Lampaert risque jusqu’à 15.000 euros d’amende

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Photo by Mario Blasquez on Unsplash

Maxime Kinique
Traducteur Maxime Kinique

Lors d’une course de plus de 200 kilomètres, il est impossible de placer des barrières Nadar sur tout le parcours. Cela fait une belle jambe à Yves Lampaert : s’il y avait eu une telle barrière à 7 kilomètres de l’arrivée, à l’endroit où un spectateur l’a renversé, qui sait s’il n’aurait pas terminé sur le podium de Paris-Roubaix ? Si l’infortuné cycliste introduit une plainte, ce quidam imprudent risque une amende de 15.000 euros. Il ne semble pas, toutefois, que ce soit le scénario vers lequel on se dirige.

« Quel imbécile ! Quand on ne connaît rien à la course cycliste, on reste chez soi ! » Sur le vélodrome roubaisien, Yves Lampaert ne mâchait pas ses mots à l’adresse du spectateur qui l’a envoyé au sol dans l’avant-dernier tronçon pavé du jour. L’endroit fatal aux ambitions de Lampaert est le secteur Willems à Hem : un homme est en train d’applaudir les coureurs et néglige de rétracter ses bras au moment du passage de Lampaert, ce qui vaudra un billet de parterre au coureur de l’équipe Quick-Step Alpha Vinyl.

Pour Lampaert, les conséquences physiques de cette vilaine chute se limitent à quelques égratignures, et probablement une contusion à la hanche, mais sur le plan mental, l’addition est autrement plus salée. Avant cet incident, Lampaert était en effet à la bagarre pour une place sur le podium. Puis, en une fraction de seconde, tout s’effondre. « Un scandale », fulmine Patrick Lefevere, le grand patron de la formation Quick-Step Alpha Vinyl. « Et tout cela par la faute de cet idiot sur la route. Les personnes dans son genre, il faudrait les… enfin, je ne sais pas ce qu’il faudrait en faire. »

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Pas un acte intentionnel

En théorie, l’homme risque d’être poursuivi pour coups et blessures involontaires, mais encore faudrait-il que quelqu’un porte plainte contre lui. L’équipe de Lampaert, le syndicat des coureurs ou encore les organisateurs de Paris-Roubaix pourraient le faire, ce qui exposerait l’imprudent spectateur à une amende pouvant aller jusqu’à 1.500 euros.

Et si Lampaert devait garder davantage de séquelles que « quelques égratignures et une contusion » et décider d’également porter plainte au civil, l’individu risquerait alors jusqu’à un an de prison et 15.000 euros d’amende. Il semble toutefois peu probable que les choses prennent une telle tournure.

Dimanche soir, Lampaert a présenté ses excuses pour les mots qu’il avait employés : « Je n’aurais pas dû le traiter d’imbécile ». Quant à son équipe, elle n’a pas non plus l’intention d’aller en justice. « Tout le monde me demande si nous allons lui réclamer des comptes, mais à quoi bon ? », s’interroge Lefevere. « La femme qui a semé la pagaille sur les routes du Tour de France n’a finalement écopé que d’une légère amende. »

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Lefevere fait ici référence à cette Française de 31 ans qui a envoyé valdinguer la moitié du peloton du Tour de France il y a deux ans avec sa pancarte sur laquelle elle avait écrit un petit mot à l’attention de ses grands-parents.

Ce jour-là, cinquante coureurs goûteront au bitume lors de l’une des plus lourdes chutes de ces dernières années. Les organisateurs de la course porteront plainte, et l’intéressée sera finalement condamnée à une amende de 1.200 euros.

Lorsqu’un spectateur fait tomber un coureur, c’est en principe son assurance familiale qui intervient. Une exception est prévue en cas d’acte intentionnel, mais l’incident de dimanche dernier ne semble pas pouvoir être qualifié de la sorte.

Notre analyste cyclisme Michel Wuyts a en tout cas un conseil pour l’imprudent spectateur, au cas où il déciderait de revenir encourager les coureurs au bord de la route : « Qu’il hurle comme un possédé si ça lui chante ou qu’il lance un peu d’eau en direction des coureurs pour les rafraîchir mais par pitié, qu’il ne s’approche pas d’eux ! »

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