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Encore un poids lourd de perdu pour la N-VA
14·06·22

Encore un poids lourd de perdu pour la N-VA

Temps de lecture : 3 minutes Crédit photo :

(BELGA) THIERRY ROGE

Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Après le député régional et vice-président du parti Lorin Parys, c’est au tour de Valerie Van Peel, députée fédérale et autre vice-présidente de la N-VA, de faire ses adieux à la politique. Le parti perd ainsi en peu de temps une deuxième figure marquante, pourtant considérée comme l’une des prétendantes à la présidence. Mais également une représentante notable de l’aile « douce » du parti. Pour le politologue Carl Devos, leur départ n’en est que plus bouleversant pour la N-VA.

Au conseil du parti de ce samedi, l’annonce de son départ a suscité la surprise quasi générale. Valerie Van Peel siégeait depuis 2014 à la Chambre et a été élue, au début de l’année passée, vice-présidente de la N-VA. Au fil des années, elle est devenue l’une des valeurs sûres du parti nationaliste, et un long avenir politique semblait s’offrir à elle. Pourtant, Van Peel a demandé la parole pour annoncer, émue, qu’elle terminerait son mandat de députée jusqu’en 2024, mais qu’elle ne se représenterait pas aux élections par la suite. Elle mettra également fin à son mandat de vice-présidente dès septembre.

Dans un message sur les réseaux sociaux, la députée a fait savoir que cette décision était personnelle et qu’elle allait bien au-delà de simples considérations professionnelles. Au sein du parti, on raconte qu’il lui devenait de plus en plus pénible de conjuguer vie politique et vie de mère célibataire. C’était d’ailleurs ce qui l’avait poussée à démissionner de son mandat d’échevine dans sa commune de Kapellen. Cependant, son message, qui ne mentionne pas sa vie familiale, indique que la vice-présidente nationaliste se sent découragée face à un « système politique » qu’elle considère comme « bloqué ». « Le vote sur le dossier de l’amiante fut pour moi une goutte d’eau dans un vase qui débordait déjà », a écrit Mme Van Peel.

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Elle avait en effet introduit une proposition de loi pour permettre aux victimes de l’amiante de porter plainte contre des entreprises, quand bien même ils auraient déjà obtenu des compensations du Fonds amiante, ce qui n’est pas autorisé à l’heure actuelle. Mais malgré le soutien de plusieurs autres partis, la majorité a fini par rejeter la proposition. « Se heurter sans cesse à des murs qui ne bougent jamais, ce n’est plus sain pour moi, a déclaré l’élue N-VA. Je vais chercher d’autres façons de porter la voix de ceux qui n’en ont pas, et de changer les choses. »

Une perte en termes de contenu

L’annonce de Van Peel suit de deux mois seulement la démission de Lorin Parys. Ils assuraient à deux la vice-présidence du parti, jusqu’à ce que Parys accepte, le 1er avril, de prendre la tête de la Pro League. Plusieurs sources au sein du parti assurent qu’il n’y a aucun lien entre les deux démissions : « C’est une pure coïncidence si ces deux départs se suivent d’aussi près. »

Mais il n’en demeure pas moins que les conséquences de cette double sortie vont se faire ressentir au sein du parti. Aussi bien Lorin Parys que Valerie Van Peel étaient des poids lourds de la N-VA. « C’est une perte pour le parti, et ce, à deux égards, analyse le politologue Carl Devos (UGent). Parys et Van Peel étaient, tout d’abord, deux candidats potentiels à la succession de De Wever. Sur la photo des nationalistes de leur génération, ils détonnent par rapport à un Theo Francken ou à un Sander Loones, dans la mesure où ils arrivent à entretenir de bonnes relations avec tout le monde. Ils se retrouvent au centre du parti et sont capables de communiquer avec tous les membres. »

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Mais leur départ signifie aussi, pour la N-VA, une grande perte en termes de contenu. Tant l’un que l’autre travaillaient, dans leur parlement respectif, sur des thématiques « douces ». Parys, au niveau flamand, s’occupait entre autres d’adoption, d’orphelins et de soins aux personnes âgées. Valerie Van Peel, au fédéral, s’est chargée de questions liées aux abus sur les enfants, dont elle a été victime elle-même, et d’amiante, comme en témoigne son message.

Carl Devos : « Ce sont les deux principales voix de la N-VA sur les thématiques dites « douces ». Ensemble, ils font office de contrepoids dans un parti trop dur pour certains électeurs, qui accorde une grande importance à l’identité, à l’immigration et aux questions socio-économiques. D’autres personnalités apparaîtront pour reprendre leur rôle, mais il leur faudra du temps pour se bâtir la même autorité, ce qui pourrait jouer des tours au parti dans les prochaines années. »

20 ans de présidence

L’ordre du jour du conseil du parti de ce samedi contenait en effet d’autres points que l’annonce de Valerie Van Peel, notamment l’approbation, par une écrasante majorité des membres présents, de la prolongation de la présidence de Bart De Wever jusqu’à la fin des élections de 2024. Normalement, son mandat arrivait à échéance en 2023, mais finalement, l’élection n’aura lieu qu’après l’été 2024. Ce faisant, De Wever, à la tête de la N-VA depuis 2004, pourra fêter ses 20 années de présidence consécutives.

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