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La carrière politique de Lorin Parys avait atteint ses limites à la N-VA
30·03·22

La carrière politique de Lorin Parys avait atteint ses limites à la N-VA

Temps de lecture : 3 minutes

Lorin Parys, vice-président de la N-VA, tire sa révérence politique pour prendre les rênes de la Pro League. Connu pour sa roublardise, ce Louvaniste de 45 ans s’est fait un nom comme bras droit de Bart De Wever et bête noire de Wouter Beke. Mais évoluer vers un poste de ministre ou de président de parti s’annonçait trop ardu.

Il a pourtant, dit-il, hésité pendant des semaines et parlementé des heures durant avec le président Bart De Wever, mais l’offre était trop alléchante. Lorin Parys quitte ainsi la politique avec effet immédiat pour prendre la tête de la Pro League, l’organisation du football professionnel. Ses amis comme ses ennemis le décrivent comme un homme hyper-ambitieux. C’est par le football qu’il accède à une fonction de premier rang, où il pourra pleinement exploiter ses qualités et son vaste réseau.

Aussi attrayante qu’ait pu être la proposition du monde du football, elle n’est pas la seule raison de son départ. Sa place au sein du parti en est une au moins aussi décisive. En 2018, Lorin Parys se hisse à la vice-présidence du parti, prend part à la formation des gouvernements et devient le bras droit de Bart De Wever. Après un peu plus de trois ans à ce poste, la carrière de Lorin Parys à la N-VA semble toutefois plafonner. « Lorin a constamment besoin de nouveaux défis. Or, au sein de la N-VA, il a gravi tous les échelons qu’il pouvait », indique une source interne au parti.

Rivaliser avec les ténors

Qu’aucune perspective ministérielle ne lui ait été donnée semble avoir nettement pesé dans la décision. « Nous ne sommes plus présents que dans un seul gouvernement, les portefeuilles à se partager ne sont donc pas légion », explique un collègue de la N-VA. « Et dans le Brabant flamand, Lorin Parys doit rivaliser avec deux ténors : Ben Weyts, qui fait figure d’incontournable au sein de son parti et Theo Francken, qui reste l’un des élus les plus populaires du pays. »

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Le nom de Parys a également été évoqué comme possible prochain président de parti, d’autant que Bart De Wever a laissé entendre qu’il pourrait s’agir de son dernier mandat, faisant ainsi un appel du pied aux candidats et candidates à sa succession. À part Lorin Parys, d’autres personnalités comme Theo Francken, Valerie Van Peel, Sander Loones et Anneleen Van Bossuyt se sont vu confier la présidence d’un grand congrès. Et la bataille serait loin d’être gagnée pour Parys. Sa présence, autrefois, sur les listes Open VLD reste toujours en travers de la gorge de certains adhérents. « Parys est à tout point de vue l’antithèse du nationaliste de souche », entend-on souvent.

Une grande perte

Le départ de Lorin Parys est néanmoins une véritable perte pour la N-VA. « Voir partir quelqu’un avec qui j’ai travaillé aussi étroitement et constructivement n’est pas chose aisée », admet le président Bart De Wever. Pour le quartier général du parti, Lorin Parys était donc le gardien du temple au niveau régional. Presque chaque semaine, il était à la table des discussions pour préparer le Conseil des ministres du gouvernement flamand.

Cette position unique lui conférait aussi, en tant que parlementaire, une parfaite connaissance de tous les dossiers. Dans ses domaines de prédilection, la santé et le bien-être, il était ainsi régulièrement le caillou dans la chaussure du ministre Wouter Beke (CD&V). Plus d’une fois, Lorin Parys l’a mis en difficulté, que ce soit sur la traçabilité des cas contacts covid ou sur la réforme de l’adoption.

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Son engagement social sera assurément utile à la Pro League, dont il devra polir l’image trop rugueuse – comme il l’a fait à la N-VA. Par sa seule accession à ce poste, il réussit déjà à diversifier le sommet du football belge. À ce jour, le magasinier du Cercle de Bruges était le seul à avoir révélé ouvertement son homosexualité. Lorin Parys, qui est avec son mari le père de deux enfants placés et d’une fille adoptive, peut maintenant s’employer à faire tomber presque tous les tabous qui gangrènent le milieu du football.

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