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Élection des vice-présidents de la N-VA : une défaite pour trois autres partis flamands

(cc) Gmit via Pixabay

9 février 2021

Élection des vice-présidents de la N-VA : une défaite pour trois autres partis flamands

Temps de lecture: 2 minutes
Auteur
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

La veille de son anniversaire, Theo Francken a dû mordre la poussière dans la lutte pour la vice-présidence de son parti. Si cette élection a suscité un intérêt particulier, c’est moins pour la vice-présidence en soi – qui connaît les vice-présidents des autres partis ? – que pour connaître le cap que suivra la N-VA à l’avenir. Plus de deux cents membres du parti, toutes catégories confondues, ont eu l’occasion d’exprimer leur préférence. La fumée blanche est sortie de la cheminée, annonçant deux victoires et quatre défaites.

Un cap centriste

En élisant Valerie Van Peel et Lorin Parys, la base du parti a opté pour un cap plutôt centriste, modéré et social. Les nouveaux vice-présidents seront désormais consultés par De Wever au sein du cercle étroit qui gère le quotidien de la N-VA. Pour Theo Francken, la défaite est difficile à avaler. Ce qui lui est reproché, plus encore que l’affaire Kucam, c’est l’isolement du parti à la suite de la sortie du gouvernement Michel pour un pacte sur la migration qui n’a pourtant aucun impact. Quant aux autres candidats malheureux, ils ont pu se délecter de quelques jours d’exposition médiatique exceptionnelle. Les trois autres perdants, c’est dans le paysage des partis flamands qu’il faut les chercher : le Vlaams Belang, l’Open VLD et le CD&V.

Nouveau verrou pour le Vlaams Belang

La défaite de Francken est une mauvaise nouvelle pour le Vlaams Belang. Après avoir opté pour une ligne dure en termes de migration, la N-VA a perdu les élections au bénéfice du parti de Van Grieken. De Wever s’est donc senti forcé, sous la pression du clan Francken, de négocier une éventuelle coalition avec le Vlaams Belang. À cet égard, il importe de se remettre en mémoire la réaction de De Wever il y a quelques semaines dans l’hebdomadaire Humo : le président de la N-VA y a affirmé qu’il préférerait arrêter la politique que de s’allier avec le Vlaams Belang. Ces propos furent d’ailleurs rapidement partagés sur Twitter par le vice-président Lorin Parys. Avec la défaite de Francken, le Vlaams Belang voit apparaître un nouveau verrou sur la porte qui mène au pouvoir.

Un deuxième souffle ?

Les deux autres perdants sont l’Open VLD et le CD&V, deux partis qui, après avoir marché pendant des années dans le sillage de la N-VA, viennent de choisir leur propre voie en se lançant dans la coalition Vivaldi, sans parvenir à capitaliser sur ce nouveau cap. On dirait bien que c’est le sp.a de Conner Rousseau qui empochera toute la mise. En choisissant Valerie Van Peel et Lorin Parys, la N-VA attaque au centre du spectre politique. Les nationalistes flamands se sont rendu compte qu’attaquer sur le flanc droit revient à envoyer ses propres électeurs sur un TGV à destination du Vlaams Belang. Avec les bons leaders, une approche centriste donnera au parti davantage de chances de victoire. D’autant plus que cette stratégie affaiblirait deux partis indispensables à la formation d’une coalition. Deux partis par lesquels De Wever se sent trahi, de surcroît. Cette élection vice-présidentielle constituerait-elle le deuxième souffle que recherche la N-VA depuis si longtemps ?

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