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Le sixième défi de Bart De Wever

Isopix

15 septembre 2020

Le sixième défi de Bart De Wever

Le conseil de la N-VA a approuvé une dérogation statutaire permettant à Bart De Wever de représenter sa candidature à la présidence du parti, alors que normalement, les statuts définissent un maximum de deux mandats successifs de trois ans. De Wever est président depuis 2004.

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Bien sûr, des élections doivent s’organiser et d’autres candidats peuvent encore se présenter, mais il y a fort à parier que le 14 novembre, le successeur de De Wever sera De Wever.

Toutefois, la situation du parti nationaliste est bien différente de celle des élections internes de 2017. « Notre parti est en parfaite santé. Le grand parti du peuple, c’est nous », fanfaronnait à l’époque un De Wever débordant de confiance. « Avec Jan Jambon et Theo Francken, nous avons les deux hommes politiques les plus populaires de Flandre. » Et le président-candidat d’ajouter : « Et à vrai dire, ça me démange de porter notre parti en vue des élections de 2018 et 2019. »

Un nouvel équilibre à trouver

De Wever s’était probablement imaginé une fin de cinquième mandat différente. La N-VA risque de ne pas embarquer à bord du prochain gouvernement fédéral, le ministre-président flamand Jan Jambon a subi quelques avaries et Theo Francken ne pourra faire briller son nombre élevé de votes de préférence que dans un rôle de leader de l’opposition.

La N-VA doit trouver un nouvel équilibre entre son rôle de parti de gouvernement responsable au niveau flamand et d’opposant virulent aux partis qui tentent de former un gouvernement fédéral. Si les partis de la coalition flamande deviennent ceux qu’il faut combattre au fédéral, la situation sera plus difficile pour la N-VA que pour les partenaires en question (Open Vld et CD&V).

Dans ce contexte, la menace de Zuhal Demir, ministre flamande N-VA de l’Environnement, de ne pas octroyer de licences pour de nouvelles centrales au gaz destinées à compenser la fermeture des centrales nucléaires ressemble à s’y méprendre à du sabotage.

Une victoire aux élections ne suffit pas

Au cours de diverses interviews, Theo Francken et Ben Weyts ont exprimé leur espoir d’un retournement de situation au fédéral, mais il faut bien reconnaître que les chances sont réduites. En réalité, la N-VA est certes le plus grand parti, mais dans le mauvais pays. Dans un paysage politique tel que celui de la Grande-Bretagne ou des États-Unis, où deux partis se disputent la plus grosse part du gâteau, De Wever et ses partisans pourraient écrire un tout autre chapitre de l’histoire. Mais dans la mosaïque de notre Rue de la Loi, avec trois régions aux orientations politiques différentes de surcroît, une victoire aux élections ne suffit pas.

Bien entendu, il n’est pas dit que la N-VA aurait le même succès dans un autre paysage politique, car il faut rappeler que 75 % des Flamands n’ont pas voté pour la N-VA. Mais il est évident que le jeu des coalitions et des oppositions communautaires ne joue pas en l’avantage des nationalistes. De Wever devra donc réinventer sa présidence, et ce, pour la sixième fois.

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