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Bart De Wever, un phénomène politique plus durable que Léonid Brejnev ?

Crédit : Petra Schaberger sur Pixabay

19 novembre 2020

Bart De Wever, un phénomène politique plus durable que Léonid Brejnev ?

Temps de lecture: 2 minutes

Brillant stratège politique, il réfléchit et agit (souvent) plus vite que les autres, partisans comme détracteurs. Orateur de talent, il est doté d’une persévérance et d’une ténacité à faire pâlir le plus intrépide des mercenaires. Son humour glaçant, nappé d’aigreur, de dédain et d’arrogance, n’est jamais avare d’injures. Syndrome du calimero et machiavélisme complètent le tableau.

Bart De Wever est sans nul doute le phénomène politique de ces deux dernières décennies. À 49 ans, il a été réélu ce week-end à la présidence de la N-VA avec près de 97 % des suffrages. À la faveur de dérogations statutaires à répétition, il entame ainsi son sixième mandat à la présidence du parti. À la fin de celui-ci, à l’horizon 2024, il aura été aux commandes pendant près de 20 ans.

De Wever était le seul candidat à sa succession, ce qui en dit long sur le personnage. Même si Theo Francken, prince héritier, le dépasse régulièrement dans les sondages de popularité, Bart est et reste par excellence l’incarnation des « confédéralistes », celui qui propose et dispose, et dont rien ni personne ne remet (publiquement) l’autorité en doute. En outre, sa réélection évite un clash interne entre l’aile la plus à droite du parti, dont se revendique Francken, et d’autres membres plus centristes comme Valerie van Peel. Fort d’un discours idéologiquement rassembleur, De Wever n’appartient à aucun des deux camps.

Cette absence d’adversaire trahit aussi les eaux troubles dans lesquelles nage actuellement le parti. Depuis la dernière défaite électorale, la N-VA est en « mauvaise posture », selon les mots du président lui-même : elle doit piloter le gouvernement flamand et mener simultanément l’opposition au fédéral contre les deux partis (Open Vld et CD&V) avec lesquels elle forme… la coalition en Flandre. Ce gouvernement, avec Jan Jambon comme fer-de-lance, n’a pas engrangé le moindre succès digne de ce nom lors de sa première année d’existence. Enfin, outre ce casse-tête stratégique, la N-VA doit aussi composer dans l’opposition au fédéral avec la concurrence du Vlaams Belang.

Le parti doit acter son renouveau au plus tard en 2024, année où se tiendront les élections communales, régionales, fédérales et européennes. Il s’agira à l’évidence du test le plus crucial de la carrière politique de Bart De Wever, dont l’issue déterminera s’il rempile ou non pour un septième mandat présidentiel.

Il accèderait – le cas échéant – au Panthéon des présidents de parti ayant la plus grande longévité. Parmi ceux-ci, Karel Dillen, « président à vie » du Vlaams Blok, et Léonid Brejnev, secrétaire général du parti communiste de l’Union soviétique pendant 18 ans. Tous deux doivent déjà se retourner dans leur tombe.

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