Les Flamands, stricts mais aussi compatissants à l’encontre des réfugiés

29 juin 2018 | Auteur : | Traducteur : Maxime Kinique | Temps de lecture : 2 minutes

Hier et aujourd’hui, branlebas de combat lors du sommet européen. À l’ordre du jour, un seul point, mais non des moindres : la crise des réfugiés, en espérant qu’une solution puisse émerger. Votre quotidien s’est demandé quel regard le Flamand porte sur cette problématique. Pour le savoir, nous avons réalisé un sondage approfondi auprès d’un large panel de nos concitoyens.

Ce sondage révèle que nous sommes stricts, mais également compatissants. Du moins en ce qui concerne les réfugiés de guerre – peut-être notre propre histoire joue-t-elle encore un rôle dans ce sentiment de compassion que nous éprouvons envers toutes ces personnes qui fuient les zones de conflit. Les réfugiés de guerre sont les bienvenus en Flandre et devraient même se voir réserver un meilleur accueil. Nous avons en revanche peu ou prou de compassion pour les réfugiés économiques, que l’on appelle souvent des « individus en quête d’un meilleur avenir ». Pour ces gens-là, notre « générosité » se limite à préconiser un accueil humain dans des camps situés à l’extérieur de la forteresse Europe. Nous voulons que l’Europe investisse davantage dans les pays d’origine, dans un meilleur accueil et dans une augmentation du nombre de contrôles aux frontières. Tout cela a un coût, qu’il nous incombera in fine de supporter. Et la facture sera salée. Reste à espérer que tout le monde en est bien conscient.

Il ressort également de notre sondage que dans ce dossier d’une extrême complexité, il importe de donner le plus grand nombre d’informations possible. De fournir des chiffres bruts, et de les assortir d’une analyse qui approfondit davantage la problématique que des tweets tonitruants ou des formules-chocs. Il est frappant de constater que nous évaluons très mal l’ampleur du problème des réfugiés ou que 55 pour cent des sondés préconisent des contrôles aux frontières nationales comme solution, malgré les conséquences d’une telle mesure, qui n’ont rien d’anecdotique : des heures de file sur la route de nos vacances dans le Sud, la nécessité de développer un appareil de contrôle que nous n’avons pas les moyens de nous payer, etc.

Des conséquences que ne manqueraient pas de dénoncer le Voka (réseau des entreprises flamandes, ndlr) et la FEB comme désastreuses pour notre économie nationale et du point de vue des prix à la consommation, qui partiraient à la hausse. Les réfugiés économiques ne sont pas les bienvenus et pourtant, notre économie en surchauffe a un besoin urgent de main d’œuvre. Et l’on ne parle pas ici uniquement d’informaticiens indiens, mais également d’ouvriers non qualifiés qu’aucun employeur ne parviendrait encore à dénicher en cas de tarissement des flux migratoires. Le problème, c’est qu’aucun politicien ou lobby économique n’a jusqu’ici trouvé le courage de le dire haut et fort.

Notre sondage démontre que le virulent débat politique qui s’est emparé de cette problématique se décline en noir et blanc et n’offre guère de place pour un peu de nuance. Les bienfaits que les flux migratoires ont déjà entraînés et sont susceptibles d’entraîner, en Flandre comme ailleurs ? Personne n’en parle !

Comme vous le savez, DaarDaar est constamment à la recherche de subsides et d'investisseurs. N'hésitez pas à nous soutenir via virement à DAARDAAR ASBL BE13 1430 9380 2539 ou via Paypal

Le présent article a été reproduit avec l'autorisation expresse de l'éditeur responsable de sa publication initiale, tous droits réservés. Toute réutilisation doit faire l'objet d'une nouvelle demande d'autorisation auprès de la société License2Publish, responsable de la gestion des droits d'utilisation : info@license2publish.be.

(cc) Geralt

Het Nieuwsblad

Basé à Anvers, Het Nieuwsblad est un quotidien populaire édité à plus de 250.000 exemplaires par jour. Propriété du groupe Mediahuis

Traducteur : Maxime Kinique
Auteur :
Date de publication : 27/06/2018