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Le surprenant changement de cap de Jambon le téméraire
03·12·21

Le surprenant changement de cap de Jambon le téméraire

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Pixabay

Qui aurait un jour pensé que Jan Jambon se ferait l’apôtre de mesure plus strictes ? Mardi soir, il fulminait encore car les groupes amateurs étaient autorisés à jouer, mais pas à répéter. « Incompréhensible », pestait-il. À juste titre, même s’il aurait pu davantage se faire entendre au Comité de concertation.

Quel n’a pas été notre étonnement quand, une demi-journée plus tard, il a soudain plaidé pour l’annulation pure et simple des concerts et, au passage, de tous les évènements intérieurs. Les chiffres des hospitalisations reçus mercredi à son bureau seraient à l’origine de ce brusque changement de cap. Mais ses propos sceptiques, peu avant, à l’égard de ceux craignaient de voir les grandes salles de spectacle pleines à craquer ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd.

Mercredi, Jan Jambon a donc pris les devants. Avant même que Marc Van Ranst et consorts ne puissent tirer la sonnette d’alarme sur les plateaux télévisés et que Geert Molenberghs ne suggère de remettre Noël à plus tard, Jan Jambon était là – lui pour qui un verre presque vide était structurellement à moitié plein et pour qui l’incendie ravageant la maison n’était qu’un feu douillet dans la cheminée. Ce même Jan Jambon qui, deux semaines plus tôt, a accepté malgré lui tout un paquet de mesures qu’il jugeait superflues.

Jambon retourne maintenant sa veste. Mais alors qu’il savait pertinemment qu’il allait être la risée de tous, il a fait preuve de courage

Jambon retourne donc maintenant sa veste, comme nous autres, journalistes, aimons à dire. Mais la réalité est que nous ne sommes pas non plus à l’abri d’une telle mésaventure. En cette période de pandémie, tout le monde a déjà commis quantité d’erreurs, experts y compris. Il est vrai qu’à ce petit jeu-là, Jan Jambon tient le pompon. Il suffit qu’il annonce qu’une mesure précise ne soit pas d’actualité pour qu’elle soit décidée deux jours plus tard.

Il n’empêche que le ministre-président flamand a fait preuve de courage avant-hier. Son propre parti et son arrière-ban n’auront certainement pas apprécié – force est de constater qu’il n’a pas récolté une pluie de #helfies (ndlr : nouveau symbole de la N-VA qui représente une main ouverte, synonyme de progrès) sur les réseaux sociaux.

Mais contre vents et marées, et sachant pertinemment qu’il serait la risée de tous, Jan Jambon a agi à la hauteur de son statut de ministre-président : il a établi des priorités pour désengorger les soins de santé. Il a mis le pied à l’étrier afin que les personnes dont l’opération a été reportée reçoivent une nouvelle date au plus vite. Alors oui, certes, la réaction et la communication ont tardé, comme tout le reste en cette quatrième vague. Mais il faut raison garder : de nombreux citoyens n’étaient plus disposés à faire de grands sacrifices.

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Bien entendu, la manœuvre de Jambon ne relève pas uniquement de l’autoflagellation volontaire sous couvert de responsabilité. Frank Vandenbrouckhe (Vooruit), ministre de la Santé publique, a déjà laissé entendre que les activités parascolaires devraient passer à la trappe, et que les écoles devraient être soumises à des règles plus strictes. L’horeca est également dans l’œil du cyclone.

Or Jambon et consorts ne veulent pas d’un tel scénario. Dans l’espoir d’éviter de justesse des mesures encore plus contraignantes – et le discrédit, au passage, des ministres compétents – le gouvernement flamand consent uniquement à sacrifier l’évènementiel sur l’autel du hasard. Car sait-on, en fin de compte, si ce secteur concentre beaucoup d’infections ? Non, toujours pas.

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