DaarDaar

Le meilleur de la presse
flamande en français

Accusations d’antisémitisme: laissons d’abord la justice faire son travail
08·05·26

Accusations d’antisémitisme: laissons d’abord la justice faire son travail

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

(c) Belga

L’État belge est à nouveau visé par des accusations d’antisémitisme. Et comme il y a trois mois, les reproches viennent des États-Unis et d’Israël, rejoints par l’Association juive européenne (European Jewish Association – EJA) qui parle d’« un moment de honte pour la Belgique ». Peut-on raison garder, s’il vous plaît ?

Quels sont les faits ?

Le parquet d’Anvers a clôturé son enquête sur deux mohels (mohalim en hébreu) – ces hommes qui dans la tradition juive pratiquent les circoncisions rituelles – et a décidé de transmettre le dossier à la chambre du conseil. Cette dernière devra statuer le mois prochain sur leur éventuel renvoi devant le tribunal correctionnel.

En Belgique, une circoncision religieuse doit en principe être réalisée par un médecin diplômé. Les mohels ne le sont généralement pas, même s’ils sont souvent formés à cette intervention. Dans les faits, ces pratiques sont tolérées en Belgique. Légalement, la situation est floue.

Tout le reste n’est que surenchère. Dans un style très trumpien, l’ambassadeur américain Bill White outrepasse une fois de plus ses fonctions. Un diplomate n’a pas à commenter la procédure judiciaire en Belgique, même si le député belge Michael Freilich vient demander conseil aux États-Unis. Il en va de même pour le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar. Maxime Prévot a eu raison de les remettre tous deux à leur place.

Attaques de l’ambassadeur Bill White : les États-Unis ressemblent chaque jour un peu plus à la Russie

Quant au président de l’Association juive européenne, il peut dire ce qu’il veut, mais il ferait mieux de s’occuper du véritable antisémitisme. Car il existe bel et bien, y compris en Belgique, et il est absolument inacceptable. Mais les autorités belges ne sont pas antisémites parce qu’elles encadrent des rituels religieux impliquant une intervention médicale sur des enfants. Et la justice belge ne l’est pas davantage parce qu’elle enquête sur des pratiques susceptibles de mettre en danger la vie de mineurs.

À force de déformer les faits et de multiplier les accusations grossières, ces grands défenseurs de la foi juive ne font qu’alimenter l’exaspération. Et ce faisant, ils attisent des sentiments négatifs envers la communauté juive. L’EJA ferait mieux d’engager un dialogue serein avec le gouvernement belge sur le rôle des mohels. La Belgique respecte toutes les religions. Si l’EJA fait preuve du même respect à l’égard de la loi belge, un accord reste possible.

En attendant, la justice doit faire son travail. N’en déplaise à Bill White et Gideon Sa’ar.

À Anvers, le quotidien résiste aux extrêmes: scènes de vie dans le quartier juif

Partager :
© DaarDaar ASBL 2021 - Mentions légales - Vie Privée

Si vous versez minimum 40€ en un an, vos dons seront déductibles fiscalement à hauteur de 30%.

Vous avez aimé cet article ? Alors soutenez-nous en devenant Amis de DaarDaar ! 

 

Nous voulons rester accessibles à tout le monde. Mais les traductions de qualité, ça a un coût.

Close the CTA
DaarDaar
Aperçu de la protection de la vie privée

Ce site Web utilise des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience utilisateur possible. Les cookies sont stockés dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre quelles sections du site Web vous trouvez les plus intéressantes et les plus utiles.Vous pouvez ajuster tous vos paramètres de cookies en naviguant dans les onglets sur le côté gauche.