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Le gouvernement fédéral ne tombera pas à cause du dossier de la sortie du nucléaire
08·03·22

Le gouvernement fédéral ne tombera pas à cause du dossier de la sortie du nucléaire

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Crédit: Markus Distelrath via Pixabay

Auteur⸱e
Maxime Kinique
Traducteur Maxime Kinique

Qu’on se le dise, le gouvernement fédéral ne tombera pas à cause du dossier de la sortie du nucléaire ! Ce n’est pas encore tout à fait officiel, mais ce scénario redouté par certains, espéré par d’autres, n’aura pas lieu à présent que les Verts viennent d’ouvrir clairement la porte à une prolongation des centrales de Doel 4 et Tihange 3.

La sortie du nucléaire était pourtant le trophée écologiste de l’accord de gouvernement mais en mettant l’Ukraine à feu et à sang, un certain Vladimir Poutine en a décidé autrement. La guerre qui fait rage en Europe de l’Est a déjà changé la donne dans beaucoup de domaines, et la question de la sortie du nucléaire n’échappe pas à la règle.

Trop is te veel

Alors que rien ne semble pouvoir arrêter l’augmentation des prix de l’énergie, comment pourrait-on encore défendre l’idée d’importer davantage de gaz afin de fermer les centrales nucléaires ?

Aujourd’hui, tout le monde mesure l’ampleur de la dépendance européenne vis-à-vis du gaz russe – chaque jour, ce sont pas moins de 700 millions d’euros que l’Europe paie à Poutine et consorts – et réalise que l’énergie nucléaire constitue une (petite) partie de la solution.

Dans un tel contexte, comment pourrait-on justifier une sortie complète du nucléaire ? Avant qu’éclate le conflit en Ukraine, les écologistes étaient déjà isolés au sein du gouvernement sur ce dossier. Désormais, ils doivent non seulement affronter leurs six partenaires de coalition, mais composer en outre avec la cruelle réalité de la guerre : trop is te veel !

Divergences au sein de Groen

Les Verts n’avaient dès lors pas d’autre alternative que de revoir leur position, sous peine de s’attirer l’opprobre de tous et de passer pour des caractériels dogmatiques. Aujourd’hui, l’heure est donc venue pour eux d’actionner le mécanisme de rétropédalage prévu dans l’accord de gouvernement au cas où cet objectif de sortie du nucléaire ne pourrait pas être réalisé. Il ne fait aucun doute, cependant, que la situation laissera de sérieuses traces, y compris existentielles.

Chez Groen, il y avait déjà des divergences de vues dans ce dossier car l’ « aile climatique » du parti ne voyait pas d’un bon œil la construction de nouvelles centrales au gaz et tout ce que cela implique en termes d’émissions de CO2, mais l’opposition à l’énergie nucléaire a toujours été l’un des dadas d’Agalev. Et c’est ainsi que vingt ans après avoir été décidée, la sortie du nucléaire ne deviendra toujours pas réalité. Cependant, quoi qu’ils aient pu faire ou décider, les écologistes auraient de toute façon perdu des plumes dans cette histoire.

Engie/Electrabel : Bruxelles propose, Paris dispose

Si c’est la soupe à la grimace chez les Verts, le Premier ministre Alexander De Croo, lui, boit du petit-lait : le risque que son gouvernement tombe est provisoirement écarté. La coalition fédérale n’en demeure pas moins face à une montagne, car rien ne dit que les réacteurs pourront rester ouverts plus longtemps que prévu.

Techniquement et juridiquement, les prolonger sera déjà un sacré tour de force, mais convaincre Engie de ne pas se montrer trop gourmand financièrement, ce sera quasi mission impossible. À Paris, on compte déjà ses sous…

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