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Flambée des prix de l’énergie : l’électeur en tirera ses propres conclusions
14·01·22

Flambée des prix de l’énergie : l’électeur en tirera ses propres conclusions

Temps de lecture : 3 minutes Crédit photo :

Jarmoluk

Lorsque les factures d’acompte mensuelles atteignent pratiquement le niveau d’un loyer, c’est qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Près de 1.000 euros par mois pour l’électricité ? Du vol, serait-on tenté de dire. Le citoyen ne peut payer de telles sommes. Il est inadmissible que tous les Belges qui ont du mal à payer la note n’en dorment plus la nuit. Du côté de la rue de la Loi, il est grand temps de tirer la sonnette d’alarme.

Au cours de ces derniers mois, l’augmentation de la facture énergétique a fait les gros titres. Les gouvernements du pays se sont observés en se grattant la tête afin de trouver une solution. Reste qu’il s’agit d’une compétence fragmentée entre les différents niveaux de pouvoir. Le problème relève de la responsabilité de tout le monde et de personne à la fois. Devant cette réalité, la classe politique n’a eu d’autre choix que de prendre des mesures. Les gouvernements, tant flamand que fédéral, ont mis le pied à l’étrier. La facture énergétique, qui est devenue notre deuxième déclaration d’impôts, a été mise sur la table.

Sans que la question ne soit tranchée. Il faut dire que le problème, connu de longue date, n’a jamais mobilisé beaucoup d’efforts. D’aucuns le considéraient même insignifiant. À l’époque où nous traversions une conjoncture plus clémente, les partis politiques n’ont trouvé ni la force ni le courage de se pencher sur la facture énergétique. Cette désinvolture peut à présent nous coûter cher. Alors que la forêt est en feu, il faut étouffer les flammes. Et certains arbres sacrés partent ainsi en cendres. Comme la TVA à 21% sur l’électricité.

Pragmatique, le vice-premier ministre Vincent Van Peteghem, (CD&V) a toujours été pour les 21%, et il n’avait pas tout à fait tort. Il est évidemment étrange que l’on taxe autant un produit de base tel que l’énergie. Mais il s’avère que son prix est, avec l’indice de santé, le marqueur de l’indexation des salaires et des allocations. Des prix bas retardent les augmentations salariales. Et ce sont justement ces salaires qui doivent encaisser le choc. C’est ce qu’on appelle une opération nulle, même dans les rangs du CD&V. Aujourd’hui, Vincent Peteghem retourne sa veste. L’indexation des salaires ne suit plus le rythme de l’inflation. « Le citoyen ordinaire » si cher à Joachim Coens, président du parti, a la corde au cou. Dans ce contexte, les socialistes se sentent enfin écoutés. Leur promesse électorale, au départ si décriée, pourra bientôt se réaliser. Mais cette diminution de la TVA est-elle bien réfléchie ? Et quid de toutes les autres taxes qui se retrouvent dans la facture ?

Car les tarifs de l’énergie ne sont pas les seuls à flamber ; les prix de l’alimentation atteignent également des sommets historiques. Les producteurs ont déjà annoncé la couleur. Non seulement les supermarchés paieront ainsi leurs marchandises plus chères, mais ils devront en plus faire face à des coûts de fonctionnement plus élevés. Tout cela se répercutera sur le ticket de caisse du consommateur, qui peut s’attendre à une augmentation de 10% sur des produits quotidiens. Et l’alimentation est le besoin primaire le plus important qui soit. Le train est lancé, et il sera difficile de l’arrêter. Surtout quand le spectre de l’inflation guette.

Dans les mois à venir, l’augmentation des prix sera ainsi l’épée de Damoclès qui menace nos gouvernements. On nous donne une piécette d’une main pour mieux nous la reprendre de l’autre, voilà la triste réalité. L’électeur en tirera ses propres conclusions. Et ce n’est pas en lui jetant un os à ronger que l’équilibre sera rétabli.

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