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Georges-Louis Bouchez : une stratégie incendiaire qui séduit en Flandre
30·11·21

Georges-Louis Bouchez : une stratégie incendiaire qui séduit en Flandre

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

(cc) Roegger via Pixabay

Noel Slangen
Auteur
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Le malaise latent qui perdure dans les rangs de la Vivaldi est en quelque sorte à l’image de la pandémie : chaque fois que l’on croit que c’est fini, une nouvelle variante surgit de quelque part.

Ce week-end, par exemple, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, nous a recommandé de faire l’acquisition, en cas de sortie du nucléaire, d’un générateur et d’un jerrycan d’essence. Bouchez sait très bien de quoi il parle, car son jerrycan, il n’arrête pas de le remplir pour allumer des feux un peu partout dans le monde politique. D’ailleurs, si vous continuez à croiser Bouchez à la station-service, ne soyez pas surpris, car sa stratégie incendiaire fonctionne plutôt bien. Il arpente fièrement tous les plateaux de télévision pour expliquer que depuis son arrivée à la présidence du parti, les libéraux ont enregistré une augmentation de 14 % du nombre d’adhérents.

Une audace appréciée

En outre, la semaine passée, il s’est même permis de rappeler à l’ordre ses partenaires de coalition lorsqu’ils ont émis l’idée de mettre les cotisations patronales des footballeurs au même niveau que celles des simples mortels. Si vous pensez que ce geste lui coûte des points, détrompez-vous. En Flandre aussi, le parler-vrai de Bouchez est populaire à bien des égards, et ce, surtout auprès des partisans de la N-VA et de l’Open Vld, qui aimeraient que leurs partis respectifs soient aussi audacieux et francs que les libéraux francophones. Les nationalistes parce qu’ils regrettent le temps où la N-VA apportait un vent de fraîcheur dans les débats, et les libéraux flamands parce que Bouchez, par son discours, suggère que l’Open Vld ne représente plus qu’une décoction homéopathique de libéralisme bleu pâle.

Le prix à payer pour l’Open-VLD

Bouchez, plus que tout autre président de parti, peut se permettre de chercher à racoler impitoyablement à l’extérieur de son parti. Et s’il peut le faire, c’est justement parce que son parti n’est que la cinquième roue du carrosse de la Vivaldi. En effet, s’il est au fédéral, c’est parce que les libéraux flamands l’ont exigé. Sans le poids supplémentaire du MR, Alexander De Croo n’aurait pas pesé suffisamment lourd pour revendiquer le poste de premier ministre. Ceci étant dit, il n’est pas interdit de se demander si les dégâts causés par Bouchez ne représentent pas un prix trop élevé pour l’accession au Seize, rue de la Loi.

La modération du PS mise à rude épreuve

La question est surtout de savoir si la patience de l’autre partenaire de majorité francophone tiendra le coup. On a l’habitude de chercher les belles-mères et les premiers ministres de l’ombre du côté du boulevard de l’Empereur, et de Paul Magnette en particulier. L’action gouvernementale du PS se heurte aux critiques de l’extrême gauche, c’est-à-dire du PTB, et du syndicat socialiste, voire des deux à la fois, tant il est parfois difficile de les distinguer. Cependant, le PS, très probablement sous l’influence du ministre-président wallon Elio Di Rupo, a choisi de faire preuve de sens de l’État au gouvernement fédéral. Mais le sondage de trop arrivera immanquablement, et lorsque tous les signaux seront au rouge au PS, la modération ne sera plus tenable. Si le gouvernement De Croo se casse la pipe, ce ne sera certainement pas le MR qui l’aura laissé tomber. Georges-Louis Bouchez est trop malin pour cela. Par contre, il ne faudra pas s’étonner de trouver un jerrycan dans les environs.

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