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Nomination des enseignants : un tournant « historique » pour la Flandre

(cc) Alexas_Fotos via Pixabay

26 février 2021

Nomination des enseignants : un tournant « historique » pour la Flandre

Un accord a été conclu entre le ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts, et les partenaires sociaux du secteur. Ainsi, les enseignants néerlandophones pourront bientôt obtenir la perspective d’une nomination permanente après 290 jours – en pratique une année scolaire complète – et pourront être nommés de manière permanente après 360 jours. Actuellement, cela n’est possible qu’après 690 jours. 

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L’accord conclu à la veille de la Saint-Valentin entre le ministre flamand de l’Enseignement Ben Weyts d’une part et les syndicats et les pouvoirs organisateurs d’autre part restera un tournant dans l’histoire de l’enseignement en Région flamande. Il s’agit d’un premier pas majeur vers une modernisation de la gestion du personnel dans les écoles. Même si la route est encore longue.

Ils sont tout simplement poignants, ces récits de jeunes enseignants motivés partageant leur temps entre les écoles pendant des années, donnant le meilleur d’eux-mêmes où qu’ils aillent, sans aucune perspective de sécurité de l’emploi, parfois après plus de cinq ans. De plus en plus de jeunes talents jettent l’éponge. Dans le même temps, certains autres, manifestement médiocres, restent indéfiniment en poste en raison de procédures de licenciement si longues et si fastidieuses qu’elles découragent les directeurs.

Ces pratiques devraient bientôt appartenir au passé

On se demande d’ailleurs comment elles ont pu survivre si longtemps. Depuis des années, une ribambelle de ministres ont chanté sur tous les tons leur volonté de faire de l’enseignement une carrière plus attrayante, sans jamais parvenir à assouplir le très rigide système de nominations.

Il aura fallu que la qualité de l’enseignement tombe au plus bas, et que le déficit d’enseignants atteigne des proportions jamais vues, pour qu’employeurs, syndicats et ministre de l’Enseignement parviennent à un accord. Un accord dont Ben Weyts est fier, à juste titre.

Il sera désormais possible de nommer de jeunes enseignants après « déjà » deux ans. La procédure de licenciement d’enseignants n’apportant pas satisfaction sera réduite de quatre ans (si, si !) à deux. Le nouvel accord organise en outre un meilleur accompagnement des jeunes enseignants et un système d’évaluation digne de ce nom.

Savoir (enfin) ce qu’il est attendu d’eux

Enfin – et on peine à croire que cela n’ait jamais été le cas auparavant – chaque enseignant(e) débutant(e) recevra une description de fonction claire, et saura donc exactement ce qu’on attend de lui ou d’elle.

Stijn Baert, expert en économie du travail, remarque à juste titre que si ces nouveautés sont extrêmement bienvenues, elles sont bien insuffisantes pour qu’on puisse parler d’une politique du personnel adaptée à l’époque et aux besoins. Lieven Boeve, du réseau de l’enseignement catholique flamand, exprime de son côté l’espoir qu’il s’agisse là d’une première étape vers davantage de réformes et d’opportunités. Koen Van Kerkhoven, du syndicat chrétien, estime pour sa part que les choses doivent s’arrêter là. Espérons que ce ne soit pas le cas : maintenant que cette avancée a été possible, il serait dommage de geler une fois de plus la situation pendant des années. Construire une filière d’enseignement tournée vers l’avenir nécessite qu’on puisse attirer des enseignants de qualité et leur offrir de véritables perspectives.

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