Daar Daar logo

Schild & Vrienden : le racisme ne doit pas éclipser le sexisme

(cc) ArtsyBee via Pixabay

19 juin 2019

Schild & Vrienden : le racisme ne doit pas éclipser le sexisme

Temps de lecture: 2 minutes

Une photo d’Hitler le sourire aux lèvres, accompagnée de la phrase « On ne peut être raciste s’il n’existe plus qu’une seule race ». L’image d’une pelle avec, en légende, la mention « Comment draguer des juives ». Ou encore une illustration où l’on aperçoit Cendrillon frotter le sol à genoux, et où figure le message « Si l’on suit le film à l’envers, on obtient l’histoire d’une femme qui apprend quelle est sa place. » Voici, pêle-mêle, quelques blagues issues du groupe Facebook du mouvement identitaire Schild & Vrienden.

Revenons au dernier exemple, qui pourrait à la limite être qualifié de simple plaisanterie. Sauf que les sympathisants de Dries Van Langenhove n’en pensent pas moins. « Les grosses sont dégueulasses », peut-on ainsi lire sur le groupe secret. L’auteur du message s’explique : « Dans la société que nous prônons, nous ne demandons pas grand-chose aux femmes. Qu’elles se limitent à être de bonnes mères et à prendre soin d’elles, à soigner leur apparence. Quant aux hommes, nous leur imposons davantage d’exigences. Il n’y a qu’ainsi que nous pouvons progresser. »

Reste que Dries Van Langenhove n’est pas accusé de sexisme primaire. En revanche, il est inculpé pour infraction à la loi sur le racisme, à la loi réprimant les faits de négationnisme, ainsi qu’à celle portant sur les armes. Dans ce flux sans fin de baratin d’extrême droite sur le réseau social, nous trouvons en effet des indices d’infraction pour port d’arme interdit (comme la photo de Dries Van Langenhove qui joue les durs à cuire en posant avec une sorte de fusil mitrailleur) et des publications qui « approuvent, justifient, nient ou minimisent l’Holocauste », pour reprendre les termes de la loi sur le négationnisme.

C’est plus ou moins toujours la même chanson qui revient. La question cruciale étant de savoir si des faits de racisme passibles de sanctions ont été commis, comme à l’époque du Vlaams Blok. Le parti a depuis lors simplement changé de nom. Les poursuites à son égard, elles, semblent toujours aussi vaines. Autrement, comment expliquer que Guy D’haeseleer, ce membre du Vlaams Belang originaire de Ninove au sens de l’humour pour le moins douteux (rappelez-vous sa mousse au chocolat préparée avec des enfants africains), ne soit pas inquiété ? Pour rappel, ce même D’haeseleer est arrivé en tête des voies de préférence dans sa circonscription pour le Parlement flamand lors des dernières élections. Il revient avant tout à la classe politique et à la société dans son ensemble de répondre à cette question.

Entendons-nous bien : il est bon que la justice réalise une enquête approfondie. Personne ne doit prendre ce genre d’affaires à la légère. Il semblerait même que le juge d’instruction voie la présomption formelle comme une sorte de réprimande morale. Sinon, pourquoi imposer à Dries Van Langenhove une visite à la caserne de Dossin, avant même qu’un juge ne se prononce sur sa culpabilité ? Parce que cela ne peut pas faire de mal, me direz-vous. Dans ce cas, nous recommandons à l’intéressé d’aller taper la discussion avec des membres du Vrouwenraad (« Conseil des femmes », association d’organisations féministes). Par la même occasion.

 

© DaarDaar ASBL 2017 - Mentions légales - Vie Privée