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Sécurité routière à Schaerbeek : la politique de l’autruche

(cc) Pixabay

20 juin 2019

Sécurité routière à Schaerbeek : la politique de l’autruche

Temps de lecture: 2 minutes

La sécurité est une mission essentielle de l’État. Plus précisément, elle en est le fondement, d’un point de vue historique. Le « peuple » accepte de renoncer à quelques libertés à condition de pouvoir vivre dans une société sûre. C’est là l’une des raisons qui expliquent l’émergence des démocraties.

Il est bon de le rappeler aux responsables politiques. A fortiori à Bruxelles. Et surtout lorsqu’il s’agit de l’aspect particulier de la sécurité routière.

La note de négociation qui doit servir de base à une nouvelle majorité PS-Écolo-Défi a été publiée vendredi. Mais la question de la sécurité routière n’y est même pas évoquée. Comme si elle n’avait aucune importance pour la nouvelle majorité francophone.

Un oubli pour le moins embarrassant : pas plus tard que la semaine dernière, un chauffard a fauché une jeune fille de quatorze ans sur un passage piétons — avant de prendre la fuite, qui plus est. Cela n’étonne plus à Schaerbeek : voilà quelque temps déjà que les accidents graves sont légion dans la commune.

L’espace d’un instant — après le décès de la journaliste Stephanie Verbraekel — le bourgmestre, Bernard Clerfayt (Défi), avait saisi l’urgence de la situation. Une note annonçant des mesures fut rédigée. Mais un an plus tard, les conditions de circulation se sont à peine améliorées, les accidents sont toujours aussi nombreux et, à présent que Défi et Écolo sont confortablement installés au sein du conseil communal, le sentiment d’urgence semble s’être totalement estompé.

La commune agite la kyrielle de mesures qu’elle a prises ou qu’elle entend prendre, mais sans se rendre compte qu’elles ne produisent pas d’effets. On continue de rouler trop vite et de se garer sur les passages piétons et les trottoirs au vu et au su de tous. Sans oublier les fous du volant qui surgissent à la tombée du jour : difficile d’ignorer les crissements de pneus qui résonnent dans la nuit.

Il semble de plus en plus que la commune est incapable de juguler le problème. Et préfère pratiquer la politique de l’autruche. Ou détourner l’attention, comme l’a fait l’échevine Sihame Haddioui (Écolo) avec brio. Sur Twitter, elle a ainsi fustigé une action ludique de l’agence de communication Mortierbrigade visant à faire ralentir les conducteurs au moyen d’un visuel de prostituées. L’image de ces femmes aux poses lascives était trop violente. Quel raisonnement incroyable ! Si Haddioui est réellement préoccupée par les droits des femmes, elle ferait mieux de s’attaquer au problème de la traite des femmes dans la rue d’Aerschot.

Autre réaction étrange : le tweet d’un journaliste de la RTBF, qui se demande si toute cette attention accordée par les Flamands à l’insécurité routière dans la capitale n’est pas un exemple de plus de « Bruxelles bashing ». Eh bien, non. Tous les Bruxellois veulent des rues sans danger. Les considérations d’ordre communautaire sont hors sujet.

Il faut dire les choses clairement : Bruxelles ne parvient pas à faire baisser le nombre d’accidents (mortels) qui surviennent dans la ville. Si le prochain gouvernement n’en fait pas son affaire, la situation pourra se résumer par ces deux mots : négligence coupable.

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