Aujourd’hui, c’est jour de fête : tout est permis, sauf travailler ! La famille socialiste paradera sur le podium ; mutualité, syndicat et politiciens socialistes y apparaîtront côte à côte dans un bel élan de fraternité. Le syndicat lancera à n’en pas douter un appel à aller manifester à Bruxelles le 12 mai contre les mêmes que ceux avec lesquels il partagera la scène : une attitude schizophrénique, comme le sont également les liens entre syndicat, monde politique et mutualité. Cette proximité fournira certainement de nouvelles cartouches à la N-VA pour son attaque contre les mutualités. Les nationalistes leur reprochent en effet de se montrer trop généreuses à l’égard d’un trop grand nombre de gens ; beaucoup ne paieraient pas assez pour une visite chez le médecin, y compris des personnes possédant une maison de maître cossue sur l’avenue Cogels-Osy (note du traducteur : une avenue anversoise considérée comme l’une des plus belles de Belgique), avec une Porsche garée devant l’entrée.
L’État ne sait pas grand-chose au sujet du coûteux bolide, mais n’ignore rien à propos de la maison de maître. Ni à propos de l’appartement que ses propriétaires possèdent à Knokke à titre de seconde résidence. Les bénéficiaires d’une société sont eux aussi enregistrés minutieusement dans les banques de données publiques.
Cette sortie de la présidente de la N-VA Valérie Van Peel est du pain bénit pour les socialistes, qui n’en demandaient pas tant pour ressortir leur idée de cadastre des fortunes. Qui plus est deux jours à peine avant le Premier Mai ! Il suffirait que les mutualités aient accès à quelques banques de données pour pouvoir identifier facilement ces personnes fortunées. Après tout, les personnes en quête d’un logement social et les bénéficiaires du revenu d’intégration sont eux aussi passés au scanner. Les riches contre les pauvres, les pauvres contre les riches, cette dualité va encore durer des siècles !
Fête du travail : n’oublions pas la signification historique du 1er mai
Les liens qu’il entretient avec l’ABVV (NDT : l’aile flamande de la FGTB) ne facilitent pas non plus la vie de Vooruit en tant que parti de gouvernement. Là où le parti socialiste flamand voit des réformes, son relais syndical parle d’entreprise de destruction. Vooruit a coutume de dire que ce serait encore pire s’il ne faisait pas partie du gouvernement. Entretemps, le texte de la réforme des pensions a déjà été modifié neuf fois, mais le « mérite » en revient également à d’autres partis, sans compter les négligences qu’il a fallu rectifier.
Le Premier Mai n’est pas l’apanage des socialistes. Le MR sera lui aussi à la fête aujourd’hui, dans la mine de Blégny encore bien ! Pas vraiment le genre d’endroit où l’on s’attend à rencontrer des libéraux, mais le président du MR Georges-Louis Bouchez est en train de transformer son parti en grand mouvement populaire, qui se pose en défenseur des gens qui se lèvent tôt pour aller travailler, par opposition à un PS perçu comme le parti des gens qui traînent au lit. À Blégny, la Fête du Travail 2026 sera donc une journée de combat politique.
En province de Limbourg également, une mine sera au centre de l’attention, puisque Vooruit et le PVDA (NDT : l’aile flamande du PTB) seront tous deux présents sur le site de C-Mine à Genk. On peut y voir un symbole de leur lutte pour conquérir la classe ouvrière, mais seul Vooruit paradera sur le podium. Ceci dit, c’est surtout la O-Parade (NDT : un événement se déroulant dans le centre-ville de Genk et mêlant, entre autres, théâtre de rue, artistes internationaux et marché aux puces) organisée l’après-midi qui devrait attirer la grande foule. Entre théâtre de rue et discours politiques, le peuple a choisi, y compris le premier mai !
