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La Flandre débourse 10 millions d’euros pour chercher… à mieux épargner

Photo by Markus Winkler on Unsplash

4 mars 2021

La Flandre débourse 10 millions d’euros pour chercher… à mieux épargner

Temps de lecture: 3 minutes

Le gouvernement flamand libère un budget de 10 millions d’euros pour passer au crible ses dépenses publiques. Et se livre à un premier exercice pratique : et si on économisait 5 % ? ou 15 % ? Certaines mesures sociales correctrices telles que les allocations familiales et les bourses d’études doivent, elles aussi, devenir plus efficientes.

Le ministre flamand des Finances et du Budget, Matthias Diependaele (N-VA), considère l’analyse qu’il a mise en place comme un « ample exercice de remise à plat [des dépenses] à l’échelle de la Flandre ». Il s’inspire en l’occurrence de l’exemple de nos voisins néerlandais, qui effectuent cette « remise à plat » à intervalles réguliers. Chaque dépense publique est alors examinée à la loupe : vaut-elle bien son coût ?

Un ample exercice de remise à plat des dépenses à l’échelle de la Flandre.

Dans la version flamande du programme, la première étape consiste à passer chaque dépense au peigne fin, que ce soit dans le domaine de la Politique économique ou de l’Enseignement, pour en évaluer l’efficacité réelle. Chaque administration doit également se demander où elle peut réaliser des économies. Le questionnaire du gouvernement comporte d’ailleurs la question suivante : « De quelle(s) manière(s) serait-il possible de réaliser une économie de 5 % ? Et de 15 % ? » Sans surprise, l’étude doit être réalisée avant fin août, juste avant la période de l’année où le gouvernement flamand établit son budget pour l’année suivante. Suivra ensuite une nouvelle phase d’analyse des dépenses (appelées spending reviews), où des spécialistes extérieurs procéderont à une étude détaillée de certains postes spécifiques.

Réinventer les pouvoirs publics n’est pas gratuit

Le ministre Diependaele voit dans cet exercice une première étape d’un processus visant à « réinventer les pouvoirs publics ». Mais l’exercice n’est pas gratuit. Pour les trois années à venir, le gouvernement flamand débloque un budget de 10 millions d’euros destiné, selon le cabinet du ministre Diependaele, à financer « l’accompagnement du processus, des conseils extérieurs et des travaux de recherche ». Cette notion couvre plusieurs analyses partielles, ainsi que la mise en place d’un comité de pilotage composé d’experts. La présidence de ce comité de pilotage reviendra à Marion Debruyne, doyenne de la Vlerick Business School – laquelle se refuse d’ailleurs à commenter ce montant. « En tant que comité de pilotage, notre mission consiste exclusivement à vérifier que tout se déroule correctement. La prise de décisions appartient au monde politique. »

Le gouvernement flamand compte sur cet exercice d’efficience pour combler son déficit budgétaire au cours des années à venir. En raison de la crise du coronavirus, ce déficit a atteint 6,2 milliards d’euros ; il devrait se monter à 4,1 milliards cette année. « Le projet vise bien à établir une feuille de route en vue d’atteindre l’équilibre budgétaire », confirme le ministre. « En l’occurrence, nous nous refusons à passer par des augmentations d’impôts. Nous voulons avant tout étudier les dépenses publiques. »

Bourses d’études et allocations familiales

On notera la création d’un groupe de travail distinct chargé d’étudier les « corrections sociales ». Ce groupe s’intéressera par exemple aux bourses d’études, aux allocations familiales et au tarif social appliqué à la facture d’eau. « Avant tout, nous voulons assurer la transparence de ces ristournes et de ces corrections », commente un porte-parole du ministre. « Aujourd’hui, il arrive que ces corrections se chevauchent. Il s’agit de préciser les choses, et de voir s’il est possible de les organiser de manière plus efficiente.

Affaire El Kaouakibi : subsides politiques et égalité des chances baffouée

Il est prévu de faire de même pour le « registre des subventions » que le gouvernement flamand s’attelle également à créer. Il s’agit d’établir un relevé de toutes les associations bénéficiant de subventions d’autorités flamandes. Aujourd’hui, différents services des autorités flamandes ignorent souvent qu’elles sont plusieurs à verser des subventions à une seule et même association. C’est le scandale autour de la députée régionale flamande Sihame El Kaouakibi (Open VLD) qui a montré à quel point cet écheveau pouvait se révéler inextricable.

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