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Camper à la porte de l’école, c’est fini

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26 avril 2019

Camper à la porte de l’école, c’est fini

Temps de lecture: 2 minutes

Dès l’an prochain, en Flandre, on ne verra plus des parents camper devant la porte d’une école pour y inscrire leur enfant. Après une longue attente, le Parlement flamand a enfin réussi à débloquer ce dossier, en mettant simplement hors-jeu les protestataires politiques francophones.

La surprise a été totale. Jusqu’à hier matin, nul ne soufflait mot d’un vote sur les nouvelles règles flamandes d’inscription scolaire. À ce moment, il est apparu que la Cocof (la Commission communautaire française, qui exerce les compétences communautaires pour les francophones de Bruxelles, ndlr) se trouvait désarmée par l’expiration de la motion en conflit d’intérêts invoquée par les politiques francophones opposés au projet. Histoire d’empêcher les francophones de soulever tout nouvel obstacle en cours de journée, les partis flamands ont immédiatement inscrit le vote du décret à l’ordre du jour de la séance.

Les images récurrentes de parents qui campent devant la porte de l’école devraient donc appartenir définitivement au passé. Les nouvelles règles entreront en vigueur en janvier 2020, et les premiers élèves inscrits selon le nouveau système seront donc ceux de l’année scolaire 2020-2021.

Pour comprendre la situation qui s’est dénouée hier au Parlement flamand, il faut remonter quelques mois en arrière. À l’automne 2018, après des mois de prises de bec, les partis au pouvoir en Flandre tombent enfin d’accord sur un décret « inscriptions ». Celui-ci impose aux écoles secondaires présentant un déficit de places disponibles, comme à Anvers ou à Gand, d’utiliser un registre d’inscription numérique – ce qui se faisait déjà à certains endroits.
Un des volets de l’accord prévoit de porter de 55 % à 65 % la proportion de places réservées aux élèves néerlandophones à Bruxelles, mais aussi d’accorder la priorité aux élèves ayant fréquenté l’enseignement néerlandophone inférieur pendant neuf ans. À Bruxelles, les francophones craignent de voir cette mesure pénaliser l’enseignement francophone en lui imposant un surcroît d’élèves de langue maternelle « autre », les incitant à déposer une procédure en conflit d’intérêts.

Aujourd’hui, les partis flamands de la majorité poussent un soupir de soulagement. Côté francophone, la désapprobation n’a pas tardé à se faire entendre. « On ne peut que regretter cette décision », commente Bernard Clerfayt (Défi), bourgmestre de Schaarbeek et parlementaire bruxellois. « La Communauté flamande et l’enseignement flamand méconnaissent délibérément la réalité bruxelloise. Alors que plus de 50 pour cent des élèves ne parlent ni néerlandais ni français, on leur interdit aujourd’hui de suivre l’enseignement en néerlandais. À Bruxelles, la Communauté flamande se replie sur elle-même. »

Mixité sociale

Ce rebondissement met fin – juste avant les élections – à un dossier qui s’éternisait depuis de nombreuses années. Au début de la législature, le gouvernement flamand s’était fixé comme priorité de mettre fin au phénomène des parents passant la nuit devant les grilles des écoles. La procédure qui visait à garantir la mixité sociale à l’école – qui indisposait surtout la N-VA – a causé plusieurs années de retard ; elle a été revue de fond en comble.

De son côté, la ministre flamande de l’Enseignement, Hilde Crevits (CD&V) ne cache pas sa satisfaction. « Ce décret apporte une solution à un dossier épineux, en mettant fin aux scènes récurrentes de camping, qui revenait chaque année, tout en maximisant la liberté de choix des parents.

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