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25 avril 2019

La N-VA domine la course des sondages

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En Flandre, quatre partis se disputent la deuxième place du podium, tandis que la N-VA, toujours première dans les sondages, devra faire son choix parmi eux.

Ils se tiennent dans un mouchoir de poche. Quelle métaphore pourrait mieux exprimer le résultat du baromètre politique du côté flamand ? Alors que la N-VA, avec ses 27,9 pour cent d’intention de vote, reste en tête malgré une chute de 4,5 points, la différence entre les poursuivants s’avère particulièrement légère.

Le CD&V, l’Open VLD et Groen tournent autour des 14 pour cent et le SP.A aperçoit à nouveau la barre des 13 pour cent, qu’il avait perdue de vue il y a longtemps maintenant. Autant dire que si l’on tient compte des marges d’erreur, les scores des quatre partis sont quasiment interchangeables. Très peu de différences également en termes de votes potentiels : 43 pour cent des Flamands interrogés déclarent pouvoir éventuellement voter pour l’Open VLD, 41 pour cent pour le CD&V ou Groen, et 38 % pour le SP.A.

C’est surtout pour le CD&V que ces chiffres représentent une mauvaise nouvelle. Sa position de deuxième parti flamand n’avait encore jamais été menacée jusqu’à présent, mais l’équipe orange sent soudainement revenir les bleus et les verts à son niveau.
Ce sondage, le pire de la législature pour les chrétiens-démocrates, peu auraient pu le prévoir. Il s’explique par les débats sur la détérioration de la qualité de l’enseignement, département de la figure de proue CD&V Hilde Crevits, et par le fait que l’abandon de la taxe kilométrique n’a quasiment rien coûté à la N-VA.

Diviser pour mieux régner

En cas de concordance entre les résultats des élections et les sondages, la N-VA aura de quoi se réjouir. En effet, seule une coalition monstre CD&V-Groen-Open VLD-SP.A pourrait éviter une présence des nationalistes au gouvernement. En pratique, une telle alliance semble difficile à envisager. Par conséquent, Bart De Wever, redevenu l’homme politique le plus populaire de Flandre après une perte de vitesse temporaire, peut déjà s’entraîner à enfiler le maillot jaune de ministre-président.

Pour s’assurer une majorité confortable, la N-VA n’aura besoin que de deux partenaires et, parmi les candidats, il y en a quatre de même envergure. Les combinaisons possibles sont donc légion, et les partis devront jouer des coudes pour séduire le vainqueur. En d’autres termes, la N-VA n’a plus qu’à diviser pour mieux régner.

S’il s’avérait que la N-VA et le SP.A ont déjà conclu un accord pré-électoral en vue de former un gouvernement flamand, il ne resterait plus qu’une seule place à prendre. Les chrétiens-démocrates ont donc du souci à se faire, étant donné qu’ils ne sont désormais plus nécessaires numériquement pour rester en lice.

La gauche gagne du terrain

La toute-puissance de la N-VA occulte le véritable changement annoncé par le sondage : grâce à l’amélioration du PVDA, de Groen et à la remontée du SP.A, les partis de gauche accumulent, ensemble, 34,1 pour cent d’intentions de vote. Il s’agit du meilleur résultat collectif depuis la première fois où les trois partis ont été sondés, en 2013. Bien entendu, cela ne leur rapportera pas grand-chose, même si le PVDA peut continuer de rêver à un siège au parlement pour Peter Mertens.

Et finalement, le Vlaams Belang a de nouveau la barre des dix pour cent en ligne de mire, surtout grâce aux jeunes qui voteront pour la première fois et aux déçus de la majorité actuelle. Il faut savoir, en effet, qu’un quart des nouveaux électeurs du Vlaams Belang votaient auparavant N-VA.

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