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Radicalisme à l’école: la cour de récré n’est pas une porcherie

(c) Guillaume Deneufbourg

23 août 2017

Radicalisme à l’école: la cour de récré n’est pas une porcherie

Dans une école de Renaix (Flandre-Orientale), des enfants de maternelle ont montré des signes de «radicalisation». Selon un rapport interne de l’école, il serait question de «menaces de mort» proférées à l’encontre des « non-croyants ». Des enfants auraient traité leurs condisciples de « porcs » en imitant un égorgement.

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Une maîtresse d’école a le devoir de faire comprendre à un enfant qu’il ne peut pas donner de coups de pieds ou de coups de poing à ses camarades, qu’il ne peut pas se moquer d’eux ou les ennuyer de quelque façon que ce soit. Elle est aussi en droit de les punir s’ils désobéissent à ces règles. Mais que faire quand les enfants en question ne donnent ni coups de pied ni coups de poing, quand ils n’importunent personne, mais que dans leur tête petite tête innocente, germent des idées nauséabondes qu’aucune sanction ne peut contrecarrer et dont l’éclosion est inéluctable ?

Des idées qui reposent sur le mépris de notre société, le rejet ingénu de ses valeurs et des principes sur lesquelles elle se fonde. Ces enfants savent-ils seulement pourquoi ils traitent leur maîtresse et leurs copains de classe de porcs et pour quelle raison ils mériteraient d’être égorgés ? Tel est le résultat d’enfants biberonnés, non pas au lait maternel, mais à l’idéologie protectrice de leur père ou aux versets sacrés du Coran-pour-tout-petits. Nous avons récemment vu la jeunesse jihadiste à l’œuvre à Barcelone. Pendant ce temps, à Renaix – mais le cas n’est certainement pas isolé – les marmots du jihad s’ébattent de bon cœur dans la cour de récré.

Bien entendu, tous ne deviendront pas terroristes. Mais il serait naïf de qualifier le phénomène de marginal, comme l’a fait le directeur de l’école. Même venant d’une minorité, le radicalisme affiché n’a rien d’insignifiant. L’enseignement en Flandre doit choisir avec soin les combats qu’il entend mener. Il n’y a rien de mal à ce que nos écoles fassent en sorte que les musulmans se sentent chez eux, que du contraire. Mais quand il s’agit de remettre en question notre mode de vie – État de droit, laïcité, liberté d’expression, de culte et d’orientation sexuelle, égalité entre hommes et femmes – elles ne doivent se permettre aucun compromis, ne peuvent en aucun cas accepter que nos valeurs soient mises à mal au nom du respect des croyances de chacun, dont l’interprétation pose manifestement problème. Les professeurs de religion islamique et les imams doivent être recrutés et suivis de façon bien plus stricte. Ils doivent devenir des compatriotes exempts de tout reproche. Ce n’est pas le cas à l’heure qu’il est.

L’enseignement n’est pas la cause de tous les maux. L’éducation commence à la maison. L’attitude de ces enfants n’est qu’un symptôme, une conséquence. Le vrai problème, c’est le mode de pensée de leurs parents, de leurs oncles, de leurs grands frères, de leurs sœurs et de leurs mères, aimantes, mais réduites au silence. Nous pouvons nous entourer de bonnes intentions et les convier aux fêtes scolaires ou à venir boire le thé, mais nous n’aurons jamais d’emprise sur eux. Ils ne s’ouvrent pas, ne nous laissent pas scruter leur esprit, ne révèlent pas le fond de leur pensée.

La ligne de démarcation entre les extrémistes et les autres musulmans reste floue. C’est en réalité une grande tache grise, une zone frontière où l’égorgement des porcs mécréants n’est certes pas recommandé, mais où les musulmans éprouvent de la sympathie pour leurs coreligionnaires radicalisés. Et quand ils ne se disent pas favorables au jihad, ils disent au moins le comprendre. Ce groupe dépasse largement les quelques familles de Renaix. Le sociologue Mark Elchardus en a évalué la proportion à 10% de tous les musulmans du pays. Selon une enquête conduite par l’hebdomadaire Humo et la chaîne VTM, ce chiffre serait de 19%. Fouad Belkacem (homme fort de l’organisation jihadiste Sharia4Belgium, ndlr) pense qu’ils seraient encore bien plus nombreux si les personnes interrogées avaient le courage de leurs opinions. Non, monsieur le directeur, ces enfants ne sont donc pas un phénomène marginal.

Mais ils ne sont pas ceux que vous devez envoyer au coin, mais bien leurs parents, qu’il faut replacer devant leurs responsabilités. Qu’ils suivent les règles de notre société ou qu’ils aillent avec leur famille dans un pays conforme à leur foi. Aucun parent ne souhaite voir grandir ses enfants dans une porcherie.

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