Paul Magnette (PS) est une girouette. Un jour, son parti plaide pour un plafonnement des prix à la pompe en raison de l’inflation – ce qui revient à subsidier les énergies fossiles avec l’argent du contribuable. Et à l’heure où les feux de forêt tiennent le pays en haleine, le PS entend, par le biais d’une nouvelle loi climat, mettre fin aux subsides aux énergies fossiles. De quels subsides s’agit-il exactement ? Cela reste encore assez flou.
Ce qui est clair, en revanche, c’est que nous sommes toujours en train de mettre en œuvre la précédente loi climat du gouvernement De Croo, auquel participait le PS, une proposition de l’ancienne ministre du Climat Zakia Khattabi (Ecolo). Le « conseil scientifique du climat » n’a toujours pas vu le jour. Mais le géologue Manuel Sintubin (KU Leuven) nous rappelle qu’il existe déjà un Centre Climat (8 collaborateurs), le Cerac (12) et le Service fédéral Changements climatiques (20). Est-ce donc vraiment nécessaire ? Oui, répond Jean-Luc Crucke (Les Engagés), actuel ministre fédéral du Climat. Pourtant, les experts et les instances publiques sont légion. Inutile de gaspiller davantage d’énergie politique en la matière.
Des mesures prises trop tard
Car là où le bât blesse, c’est sur le terrain. Dans ses déclarations, le ministre-président flamand Mathias Diependaele n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour vanter les mérites de la Flandre, mais il n’en reste pas moins vrai que la Wallonie a enregistré bien plus de décès liés à la chaleur cet été. Soit dit en passant, le nationaliste flamand a omis de préciser que les Pays-Bas ont fait mieux que la Flandre. Mais la réduction des émissions de gaz à effet de serre – domaine dans lequel, selon l’arrêt Climat, la Wallonie a, elle, atteint l’objectif, contrairement à la Flandre – n’a pas empêché le Sud du pays de payer un plus lourd tribut, décès et feux de forêt ravageurs compris.
Canicule : il est temps d’arrêter de débattre sur la réalité du problème
Le terrain, donc. En juillet, le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters (Les Engagés), voulait obtenir auprès des pouvoirs locaux des listes de Wallons en situation de vulnérabilité. En pleine canicule ? Trop tard. Nos écoles suffoquaient sous une chaleur de plomb et toutes les maisons de repos ne disposent pas de la climatisation. Les espaces naturels que nous chérissons sont-ils déjà équipés de coupe-feux ? Et puisque nous en sommes aux comparaisons : la Provence, pourtant baignée de soleil, a enregistré moins de décès liés à la chaleur que la Wallonie. Très probablement parce qu’elle s’est déjà davantage adaptée à la situation.
Manque de pragmatisme
Le terrain ? C’est très belge de réclamer immédiatement de nouveaux avions bombardiers d’eau. Mais nous avons appris cette semaine que, dans notre pays – et plus largement en Europe du Nord –, ils ne peuvent pas s’entraîner à puiser de l’eau dans les lacs et les rivières. Une pratique que la réglementation facilite – tiens, tiens ! – en Europe du Sud. Quant au meilleur hélicoptère bombardier d’eau, il s’agit du Chinook, dont disposent les Pays-Bas. Mais voilà : il est de fabrication américaine, et les responsables politiques s’en détournent bien qu’il n’existe aucune alternative européenne.
Ce n’est pas le manque de lois sur le climat ou d’organismes abstraits qui nous perdra, mais bien le refus de s’attaquer au terrain avec pragmatisme. C’est pourtant cela, la « politique de proximité ». Un concept si cher au PS.
Ostbelgien : les flammes et la solidarité ne s’arrêtent pas aux frontières linguistiques
