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(cc) mohamed_hassan via pixabay

16 octobre 2018

Les élections n’ont pas stabilisé notre paysage politique

Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Les élections locales ont démontré que les bourgmestres, quel que soit leur parti, ont leur destin dans leurs propres mains. En dépit des tendances nationales, les partis peuvent conserver leur pouvoir – voire le renforcer – si les électeurs estiment qu’ils ont fait du bon boulot. C’est un beau message pour la démocratie locale.

Cependant, le message qui restera après ce 14 octobre dépendra fortement du dénouement des thrillers qui se déroulent à Anvers et à Gand. Étant donné que la N-VA a pu conserver tous ses sièges dans la métropole et que sa coalition avec le CD&V et l’Open VLD a pu conserver la plus petite majorité possible, Bart De Wever fait de nouveau figure de vainqueur du soir. À quelques voix près, le signal politique envoyé par l’électeur aurait été tout autre. Il en va de même à Gand, ce qui confirme qu’en politique, c’est avant tout l’arithmétique qui décide.

Les excellents scores de la N-VA en ses terres ternissent fortement l’éclat de l’impressionnante progression de Groen à Anvers. La victoire du parti de Meyrem Almaci ne provoque cependant pas l’arrivée de nouveaux bourgmestres verts. Il serait donc prématuré de parler d’un dimanche vert alors que les écologistes ne participent pas réellement au pouvoir.

Si à Anvers, De Wever garde la porte fermée face au Vlaams Belang, dans le reste de la Flandre, le retour de l’extrême droite est frappant. La N-VA et le Vlaams Belang ne sont pas simplement des vases communicants. En effet, en bien des endroits, les deux partis progressent, ce qui indique une droitisation globale de la Flandre, quoique la réalité soit plus nuancée, surtout pour la N-VA.

En termes de participation au pouvoir, le CD&V et l’Open VLD ont atteint les objectifs qu’ils s’étaient fixés. Les démocrates-chrétiens disposeront, pour les six années à venir, du plus grand nombre de bourgmestres, et de loin. La première place de ce podium reste la leur. Pourtant, la défaite cuisante de leur ancien fer de lance, Kris Peeters, exclut toute forme de réjouissance au sein du parti, malgré les succès enregistrés. Quasiment tous les poids lourds libéraux, en revanche, ont enregistré de bons résultats. S’ils ont failli obtenir la première place à Gand, personne ne parle encore de leur résultat général plutôt mitigé.

Pour le troisième parti traditionnel, par contre, c’est la douche froide. Certes, le sp.a conserve le leadership à Louvain, Vilvorde, Gand et peut-être Ostende, mais perd du terrain presque partout ailleurs. Le parti semble proche de l’implosion, et l’heure des grandes décisions a sonné pour le président socialiste John Crombez.

À première vue, on pourrait croire que le scrutin communal n’a pas changé grand-chose à la vie politique de notre pays. Pourtant, la Suédoise a beau survivre, elle est rudement mise à l’épreuve. Sa viabilité est menacée. La gauche avance à plein régime, mais pas encore suffisamment pour constituer une réelle alternative. Quant aux extrêmes, de droite comme de gauche, elles avancent. Autant dire que ces élections n’ont pas stabilisé notre paysage politique.

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