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Wouter Beke: l’inévitable démission
13·05·22

Wouter Beke: l’inévitable démission

Temps de lecture : 3 minutes Crédit photo :

Isopix

Guillaume Deneufbourg
Traducteur⸱trice Guillaume Deneufbourg

Alors que tous croyaient à son départ après l’affaire de la crèche en février, c’est finalement un sondage politique qui aura eu raison de lui : Wouter Beke jette l’éponge. Le ministre flamand de la Santé et du Bien-être n’avait plus rien à prouver. À l’inverse de Sammy Mahdi et des autres ténors qui restent sur le pont.

Il y en aura eu, des rebondissements. Il a finalement tout de même décidé de sauver les apparences et retire ainsi un vilain caillou de la chaussure de Sammy Madhi. Car il faut bien dire que le nouveau président du parti ne savait trop que faire de Wouter Beke. Épineuse, la question n’a cessé de refaire surface ces dernières semaines.

Le départ du ministre flamand de la Santé et du Bien-être était devenu inévitable, alors que le CD&V entreprend de redorer son blason. Wouter Beke rend son tablier de ministre en raison d’un sondage politique défavorable et non de l’affaire de la crèche gantoise, où un bébé est décédé en février, après de multiples signalements de parents inquiets. Le bourgmestre de Bourg-Léopold aurait alors déjà pu prendre ses responsabilités, mais il avait estimé qu’il n’était pas personnellement responsable de la mort du bébé. Il avait bien admis sa responsabilité politique, mais avait donné à celle-ci une suite toute personnelle en restant en poste afin, justement, de changer les choses. Sauf qu’il n’avait plus l’autorité pour ce faire…

Wouter Beke démissionne parce que « son parti mérite mieux ». La citation est de l’intéressé. Pas parce que son ministère mérite mieux. Ou le citoyen. Dans notre pays, les démissions de ministres se font rares. Mais même lorsqu’ils se décident, les démissionnaires n’en assument pas pour autant leur responsabilité.

Le cd&v peut-il arrêter sa chute ?

S’il est humain de vouloir mettre le travail accompli en avant, cette sortie démontre que Wouter Beke ne voit toujours pas la réalité en face. Certes, son bilan n’est pas un échec total. Des moyens supplémentaires ont été dégagés pour son secteur, qui en avait bien besoin. La campagne de vaccination a été un succès – il n’était pas le seul à la manœuvre, mais a grandement contribué. Il a bien progressé sur la question des délais d’attente des personnes atteintes d’un lourd handicap sollicitant une aide financière.

« Il n’avait manifestement plus rien à prouver. »

Mais des fiascos, il y en a eu aussi. À commencer par la situation dramatique dans les maisons de repos pendant la première vague de la pandémie. Ou le suivi des contacts. Ou les crèches. Bien sûr, il n’est pas seul responsable. C’est aussi la faute de l’administration, de la complexité du « système », de ses prédécesseurs. Mais à aucun moment, Beke ne fait son autocritique. Il pointe du doigt les médias, qui ne sont en effet pas exempts de reproche, en passant trop souvent les bonnes réalisations sous silence. Mais quid de Wouter Beke, alors ? Il n’avait manifestement plus rien à prouver.

Ce ne sera pas le cas de Sammy Mahdi et des autres ténors qui restent sur le pont après le départ de Joachim Coens et maintenant de l’ancien ministre fédéral de l’Emploi. Le parti s’évapore. Il n’a plus de sens, il a perdu ses valeurs. Depuis un bon moment déjà. Il va devoir se battre pour garder ses derniers électeurs. Le tour de force qui s’impose aux chrétiens-démocrates aura sans nul doute des répercussions sur les gouvernements du pays. La N-VA a salué Wouter Beke avec tous les égards, mais le CD&V devra se libérer au plus vite de l’étreinte mortelle des nationalistes. Un coup de tonnerre s’annonce. Le CD&V a besoin d’un électrochoc, disait Sammy Mahdi en 2019. C’est toujours le cas en 2022.

Qui est-ce ? Wouter Beke, le ministre bouc émissaire de la Flandre

 

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