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Un jeune de 16 ans porteur d’un handicap sévère aboutit en cellule, plus jamais ça!
15·04·22

Un jeune de 16 ans porteur d’un handicap sévère aboutit en cellule, plus jamais ça!

Un garçon de 16 ans, atteint d’autisme, de trouble du déficit de l’attention (TDAH) et de comportement oppositionnel défiant, a été incarcéré lundi dernier dans une cellule de police suite à un manque de place dans les institutions appropriées.

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Photo by Mitchell Hollander on Unsplash

Commençons par la bonne nouvelle : on a fini par organiser, pour ce jeune garçon de 16 ans qui a dû passer une nuit en cellule à Anvers, un accueil stable dans un centre d’accompagnement. L’émoi suscité par son séjour derrière les barreaux lui avait déjà valu, à titre temporaire, une place dans un centre d’accueil de crise adapté.

Il n’empêche : qu’un mineur d’âge porteur à la fois de TDAH, d’autisme et d’un handicap mental sévère doive passer la nuit dans une cellule est loin d’être un détail.

Même pour un adulte coupable d’un délit, se retrouver inopinément enfermé pour la nuit dans une minuscule cellule n’est pas une expérience qui s’oublie facilement. Or cette « solution » a pourtant été imaginée par un juge : un juge qui, justement, estimait totalement injustifié de ballotter ce jeune homme d’une institution à une autre, trouvait essentiel qu’il bénéficie d’une structure stable.

Et si ce juge a pris cette décision, ce n’est pas pour éviter au jeune homme en question de se retrouver à la rue. Non. Il l’a prise pour manifester son opposition à l’orientation récemment prise dans la politique d’aide sociale à la jeunesse, en Flandre. Ce faisant, malheureusement, il a pris ce mineur innocent pour balle de ping-pong.

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À Anvers, les juges de la jeunesse sont farouchement opposés à la nouvelle orientation prise par l’administration, qui consiste à ne plus loger dans des institutions communautaires des jeunes confrontés à un éventail de problèmes complexes.

Le mélange de rigueur et de structure propre à ces institutions (qui accueille également de jeunes délinquants) est jugé de loin préférable, aux yeux de ces magistrats, aux « lieux sûrs » où les pouvoirs publics flamands veulent placer ces jeunes gens, et où ils bénéficieraient d’une plus grande liberté.

« Jamais plus, un désaccord entre magistrats et administration ne doit aboutir au placement en cellule d’un jeune de 16 ans, désorienté depuis des années et privé de foyer. »

Le différend couve sous la surface depuis un certain temps, et n’a jamais trouvé de solution. Wouter Beke, ministre du Bien-être, veut réunir les magistrats et l’agence « Opgroeien », chargée de l’Aide à la jeunesse, pour en débattre.

Cela suffira-t-il à rapprocher les points de vue ? Cela reste à voir. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que jamais plus, un désaccord entre magistrats et administration ne doit aboutir au placement en cellule d’un jeune de 16 ans, désorienté depuis des années et privé de foyer.

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