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« Je ne trouvais pas de travail en Wallonie. En Flandre, j’ai pu commencer tout de suite. »
14·04·22

« Je ne trouvais pas de travail en Wallonie. En Flandre, j’ai pu commencer tout de suite. »

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Anne Balbo
Traductrice Anne Balbo

De moins en moins de Wallons travaillent en Flandre. Ceux qui franchissent la frontière linguistique sont néanmoins heureux de l’avoir fait. « Un nouveau travail dans une langue étrangère, au début, c’est effrayant. Maintenant, je le recommande à tous mes amis. »

Après des études de bureautique à Charleroi, Maxime Ponchaux (31 ans), originaire de la commune wallonne de Comines-Warneton, a eu du mal à trouver sa place sur le marché du travail.

« Je ne parvenais pas à trouver un emploi fixe. Quelques missions de remplacement ici et là, oui, mais rien de stable. Heureusement, je parlais un peu le néerlandais comme j’ai grandi dans une commune bilingue. Alors je me suis dit : pourquoi pas ? Je vais tenter ma chance en Flandre. J’ai envoyé mon CV à deux agences d’intérim et j’ai très rapidement été convié à un entretien d’embauche. Peu de temps après, j’ai commencé à travailler chez Supplimax, un fournisseur de pièces détachées pour machines à Wevelgem. J’y travaille toujours huit ans plus tard, dans le département marketing. J’ai également participé au développement de la boutique en ligne. »

« Au début, je craignais vraiment que mes collègues ne me comprennent pas, et que je ne les comprenne pas. Mais ils ont été très coopératifs. »

Les Wallons qui viennent travailler en Flandre sont de moins en moins nombreux. Encore 52 549 en 2011, on en comptait près de 10 000 de moins en 2020. Il y a aussi plus de 68 000 Wallons qui travaillent à l’étranger. Seuls 3 % des Wallons actifs travaillaient donc en Flandre en 2020, soit une baisse de 0,9 % par rapport à 2011. Et ce, alors que les entreprises flamandes manquent cruellement de main-d’œuvre. La Flandre comptabilise actuellement quelque 71 000 postes vacants, un nouveau record.

Recruter de la main d’œuvre à l’étranger : le monde à l’envers

Maxime reconnaît qu’au début, il a dû prendre son courage à deux mains. « Les premiers mois ont été difficiles. Vous commencez à travailler dans une nouvelle entreprise, et dans une langue différente également. Au début, je craignais vraiment que mes collègues ne me comprennent pas, et que je ne les comprenne pas. Mais ils ont été très coopératifs. Beaucoup d’entre eux se sont même mis spontanément à me parler français dès qu’ils ont entendu mon accent. C’était très gentil, mais j’ai toujours dit aux collègues que je voulais parler néerlandais autant que possible. Je me suis en quelque sorte plongé dans un bain linguistique et cette approche a bien fonctionné. »

Pas de projet de déménagement

Maxime conseille donc à tous les demandeurs d’emploi wallons de regarder au-delà de la frontière linguistique. « Et à l’inverse, de nombreuses entreprises de Comines-Warneton emploient des personnes originaires de Flandre. Les Flamands peuvent généralement parler le français plus couramment que les Wallons ne peuvent parler le néerlandais. Personnellement, je trouve cela dommage. Mais cela ne doit arrêter personne ».

La frontière linguistique, une barrière pour l’emploi ?

« Auparavant, je devais traduire en français, mot à mot, dans ma tête, tout ce qu’on me disait en néerlandais. Aujourd’hui, cela se fait automatiquement et je ne dois plus réfléchir pour m’exprimer en néerlandais. Pour mon employeur, c’est une bonne chose. Et quand il faut traduire quelque chose en français, mes collègues savent qu’ils peuvent compter sur moi. »

Maxime envisage-t-il de déménager en Flandre pour se rapprocher de son lieu de travail ? « J’aime beaucoup venir travailler en Flandre, mais je reste attaché à ma ville d’origine. Toute ma famille vit à Comines ou dans les environs. Un déménagement n’est donc pas à l’ordre du jour. De plus, ma femme travaille en Wallonie, à 200 mètres de notre domicile. Et puis, Wevelgem est à moins d’une demi-heure en voiture. Idéal pour faire le vide après une journée de travail. »

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