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15 janvier 2018

La majorité rêve à voix haute de la reconduction du gouvernement

Après un début d’année désastreux, tout semble indiquer que le gouvernement est prêt à se refaire une santé, par le biais de réformes socio-économiques qu’il entend mener à bien en 2018. La meilleure manière qui soit de se racheter.

Toute discussion ayant trait à l’identité, l’islam ou l’immigration demeurera cette année explosive

Est-on sur le point d’assister à une deuxième résurrection du gouvernement Michel ? Il y a fort à parier que oui. Tout comme l’année dernière, lorsque la querelle autour du CD&V, « nouveau parti des musulmans », a tourné au mélodrame et lorsque l’accord estival a été adopté, il semblerait que nous nous trouvions à nouveau à un moment crucial. Une fois n’est pas coutume, l’immigration – en l’occurrence, l’affaire des Soudanais dans laquelle est empêtré le secrétaire d’État Theo Francken – est le sujet de la discorde. Et à nouveau, il apparaît que la sortie de crise passera par des réformes socio-économiques.

Pour commencer, des signaux clairs laissent présager que les partis du gouvernement entendent tirer un trait sur les dissensions. Le secrétaire d’État s’est entretenu jeudi dernier avec le premier ministre Charles Michel (MR) et les deux hommes n’ont pas souhaité communiquer à ce propos. Cette attitude conduit à penser que les intéressés jugent l’incident clos. Et qu’en est-il du député européen Gérard Deprez (MR), qui a déclaré que « nous sommes parvenus aux limites de ce qui est déontologiquement supportable » au sujet de Francken ? Celui-ci s’est publiquement excusé auprès du premier ministre cette semaine.

À cela s’ajoutent des éléments issus d’interviews données ce week-end. Le vice-président de la N-VA, Jan Jambon, a affirmé au journal De Tijd que son parti restera aux manettes jusqu’en mai 2019. Ensuite, si les résultats électoraux le permettent, un gouvernement Michel II « sera sans doute la première option ». Le président du MR, Olivier Chastel, a qualifié la N-VA de « partenaire le plus loyal dans l’exécution de l’accord de gouvernement » dans L’Écho. En d’autres termes, il rêve à voix haute de la reconduction du gouvernement actuel.

Une fois la tempête passée, une dernière vague de réformes socio-économiques peut être entamée. Le scénario se tient. Charles Michel s’est déjà comparé à Jean-Luc Dehaene, ancien premier ministre, ce qui montre qu’il entend bien entrer dans l’histoire politique en tant qu’homme d’État ayant réussi à réaliser des réformes socio-économiques complexes, mais nécessaires. Pour l’instant, il est impossible de savoir si la comparaison tient la route. En revanche, l’ambition du chef du gouvernement est, quoi qu’on en dise, louable.

La tâche s’annonce ardue. Personne ne dit le contraire. Cette année encore, toute discussion ayant trait, de près ou de loin, à l’identité, l’islam ou l’immigration restera explosive. Et trouver un accord sobre, clair et réalisable sur l’éventuelle fermeture des centrales nucléaires relèvera du casse-tête.

Or la meilleure manière pour un gouvernement de faire face à de telles difficultés, c’est de marquer des points là où il est en mesure de le faire. L’année passée, le salut est initialement venu de l’accord estival – avant que l’élaboration de celui-ci ne connaisse des faux pas à répétition. En 2018, il pourra être atteint à travers une nouvelle série de réformes socio-économiques. Le plan est cohérent. Le gouvernement peut en sortir gagnant. De plus, les conditions économiques lui sont favorables, ce qui rendrait la mise en œuvre de réformes délicates légèrement moins douloureuse. Il s’agit là de la meilleure façon de rebondir suite au faux départ de 2018.

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