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Winkelhieren, schaamte et karma : quels sont ces mots néerlandais de l’année ?

Photo by Jelleke Vanooteghem on Unsplash

30 décembre 2019

Winkelhieren, schaamte et karma : quels sont ces mots néerlandais de l’année ?

Temps de lecture: 2 minutes

Tant en Flandre qu’aux Pays-Bas, les grands dictionnaires et les amoureux de la langue choisissent les mots qui – selon eux – ont marqué l’année écoulée. DaarDaar vous en propose un récapitulatif, histoire d’enrichir votre vocabulaire avant le réveillon !

Winkelhieren : c’est le célèbre dictionnaire Van Dale qui l’a décidé, le verbe Winkelhieren est le mot de l’année en Flandre. Composition des lexèmes Winkelen (faire des achats) et hier (ici), il se réfère à l’action d’«acheter local». Utilisé pour la première fois l’été dernier, ce mot a notamment fait l’objet d’une grande campagne de publicité de l’UNIZO, organisation patronale flamande représentant les entrepreneurs indépendants et les PME. Il s’agissait bien sûr d’encourager la consommation auprès des commerces locaux.

Schaamte : l’ASBL Onze Taal , en charge de la promotion de la langue néerlandaise, a choisi le terme schaamte (honte) comme mot de l’année 2019. Pas qu’il ait été particulièrement utilisé en tant que tel, mais parce qu’il s’est retrouvé dans toute une série de nouveaux mots composés apparus avec les mouvements environnementalistes emmenés, entre autres, par Greta Thunberg.

Le plus connu étant sans doute Vliegschaamte – équivalent du terme imaginé à l’origine en suédois (flygskam) – littéralement la honte de voler, autrement dit celle de prendre l’avion plutôt que le train. Il y a aussi bezorgschaamte (la honte de se faire livrer à domicile), vleesschamte (la honte de manger de la viande), etc.

Karma et Yeet : c’est par l’entremise de la chaîne pour enfants Ketnet et du compte Instagram nws.nws.nws que la VRT a souhaité entrer en contact avec la jeune génération afin de connaître  les mots de l’année 2019. Et les lauréats sont : Karma (enfants) et Yeet (ados).

Karma, terme issu du bouddhisme, est une petite surprise dans la catégorie enfants. Il est toutefois déjà entré dans le langage populaire aux États-Unis depuis quelque temps, le voici donc arrivé dans la bouche des petits flamands. Il partage l’affiche avec une série d’autres mots, dont nous tentons ici une traduction libre : bruh (contraction phonétique de bro (brother), sorte d’équivalent de notre hé frère), scrunchie (chouchou pour les cheveux, de retour à la mode, on dirait) et sksksk (onomatopée pouvant exprimer différentes émotions, allant de la surprise à la joie).  Dans la catégorie adolescents, c’est le mot Yeet qui arrive en tête. Importé en ligne directe des États-Unis, il a acquis sa popularité sur les réseaux sociaux. Mélange des mots yes et alright, il s’utilise pour exprimer l’enthousiasme, l’excitation.

Le lecteur attentif notera que tous ces mots ont été empruntés à l’anglais, langue dont l’influence ne cesse de croître. Pour rappel, le mot de l’année en Belgique francophone était aussi un emprunt de l’anglais : chill.

Boomer: Aux Pays-Bas, c’est encore et toujours un terme anglais qui a reçu la palme d’or : Boomer, variante de baby-boomer, en allusion à la génération née après la guerre. Le terme a été relancé dans le monde anglo-saxon en 2019,  et plus précisément depuis le Parlement de Nouvelle-Zélande, où la députée Chlöe Swarbrick, attaquée par un collègue plus âgé, avait sèchement rétorqué « Ok Boomer » ; sorte de « cause toujours vieux grincheux ». L’expression s’est propagée dans le monde entier et est utilisée dans le cadre de conflits générationnels.

Sur ces bons mots, DaarDaar tient à souligner le travail exceptionnel de ses traducteurs : Benoit, Caroline, Dominique, Fabrice, Hervé, Ludovic, Maxime, Sébastien et bien entendu, Guillaume, le coordinateur des traductions.

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