DaarDaar

Le meilleur de la presse
flamande en français

La VRT crée la polémique et se met à dos les gouverneurs de provinces
31·08·22

La VRT crée la polémique et se met à dos les gouverneurs de provinces

Tous les mercredis, notre responsable éditoriale, Joyce Azar, propose dans l’émission Matin Première (RTBF) une chronique vue de Flandre. Une fenêtre ouverte sur l’actualité du nord du pays.

Temps de lecture : 2 minutes
Eric Steffens et Joyce Azar
Auteure

Des changements annoncés en ce début de saison par la VRT ont suscité une vive polémique au nord du pays. La chaîne publique flamande compte en effet supprimer les émissions matinales régionales diffusées depuis des décennies sur Radio 2. Une décision qui fâche fortement les gouverneurs des provinces flamandes.

Avec pas moins d’1,2 millions d’auditeurs par jour, Radio 2 est la chaîne la plus écoutée de Flandre. Jusqu’à il y a peu, son slogan était « Altijd dicht bij jou » (toujours près de chez vous), tout simplement parce que Radio 2 est aussi la chaîne régionale par excellence. 

Sauf que dorénavant, elle le sera sans doute un peu moins. A partir de 2023, une petite révolution va en effet avoir lieu dans la programmation. Jusqu’ici, et depuis plusieurs décennies, chacune des cinq provinces flamandes avait sa propre matinale sur Radio 2. Entre 6 et 8 heures, le programme « Start je dag » proposait ainsi aux auditeurs une émission préparée sur mesure, selon la région concernée. Mais à partir de l’année prochaine, les différentes formules vont être supprimées pour faire place à une émission nationale, présentée par l’icône de la radio, Peter Van de Veire. 

La N-VA et le Vlaams Belang augmentent leur emprise sur la VRT

Une décision qui fâche 

Ce changement de programme annoncé a suscité la première polémique de cette rentrée académique. De nombreux auditeurs ont notamment exprimé leur mécontentement, mais ce qui est plus frappant, c’est que l’annonce a également révolté les gouverneurs de province. 

Le gouverneur du Limbourg a été le premier à s’insurger en qualifiant la décision de la VRT de scandaleuse. Il a rapidement été rejoint par le gouverneur de Flandre occidentale. Pour Carl Decaluwé, la chaîne publique a pour mission d’informer les gens sur ce qui se passe près de chez eux. Cela permet selon lui de connecter les habitants à leur région, et de stimuler par exemple l’appartenance limbourgeoise ou encore l’identité West Vlaams. Les gouverneurs d’Anvers et du Brabant flamand ont, eux aussi, souligné leur inquiétude. 

Au final, seule la gouverneure de Flandre orientale s’est abstenue de toute critique, estimant qu’il ne revient pas aux gouverneurs de s’immiscer dans la programmation de la VRT. 

« Radicaal Digitaal »

En réponse à ces critiques, la VRT a d’abord affirmé comprendre ces inquiétudes, mais elle a aussi rappelé le contexte dans lequel la décision a été prise. 

La VRT sous-traite son feuilleton phare… aux frais des francophones ?

En avril dernier, le service public a en effet annoncé un important plan de transformation qui doit permettre d’économiser 25 millions d’euros d’ici 2025. Ce plan mènera notamment au licenciement de plus d’une centaine de collaborateurs. Ceux des émissions matinales de Radio 2 pourraient d’ailleurs se retrouver parmi les personnes concernées. 

Outre les économies à réaliser, l’objectif de cette transformation est également d’aboutir à ce qu’on appelle le « Radicaal Digitaal », la numérisation radicale des médias de la VRT. 

Ecoutez la suite de la chronique de Joyce Azar sur le site Auvio de la RTBF

Partager :
Mots clés :
© DaarDaar ASBL 2021 - Mentions légales - Vie Privée