Daar Daar logo

La N-VA et le Vlaams Belang augmentent leur emprise sur la VRT

(CC) Flickr: Marie Baeten

4 juin 2019

La N-VA et le Vlaams Belang augmentent leur emprise sur la VRT

Temps de lecture: 2 minutes

En Flandre, les résultats électoraux auront une conséquence marquante : la moitié des sièges du conseil d’administration de la VRT sera bientôt occupée par la N-VA et le Vlaams Belang. « Il s’agit de l’occasion rêvée pour s’attaquer au parti pris de certains programmes de la VRT depuis l’intérieur », entend-on dans les rangs du Vlaams Belang.

La VRT vit sans doute son pire cauchemar : deux partis qui ne lésinent pas sur la critique de la chaîne publique occuperont, dès 2020, la moitié des sièges au sein du conseil d’administration. « Je ne me réjouis guère de cette nouvelle composition », affirme un observateur avisé des affaires de la VRT issu de la classe politique.

Certains membres de la N-VA se frottent déjà les mains. Ces derniers jours, en coulisse, d’aucuns ont allègrement commenté « le nouveau cap » que la VRT est susceptible de prendre. Une perspective qui ravit les troupes du Vlaams Belang, lesquelles ne cachent pas leur joie. « Il s’agit de l’occasion rêvée pour de nouveau s’attaquer au parti pris de certains programmes de la VRT depuis l’intérieur », déclare Chris Janssens, député flamand. Et pour cause : son parti revient au conseil après cinq ans d’absence.

Reste à savoir si la N-VA et le Vlaams Belang s’entendront afin d’être en mesure de peser sur l’orientation de la VRT. « Le président fera en sorte de canaliser la situation », nuance Luc Van den Brande, ancien ministre-président du gouvernement flamand et actuel président du conseil d’administration depuis 2010. Toutefois, il ne nie pas que la ligne stratégique de la VRT se définit en effet au sein de son conseil d’administration. « Le gouvernement définit la politique médiatique, sous la supervision du parlement flamand. Le conseil d’administration, quant à lui, élabore la stratégie permettant d’en assurer l’exécution au quotidien. »

Au-delà des couleurs politiques

Par ailleurs, Luc Van den Brande souligne que les représentants abandonnent leurs couleurs politiques dès leur entrée en fonction. « Je préviens toujours les nouveaux venus : ici, vous n’êtes pas là en tant que porte-parole de votre parti mais en tant que représentant d’une société anonyme de droit public. »
Même son de cloche dans le chef d’autres représentants du conseil d’administration. « Je conçois que cette composition n’est pas du goût de tous », avance l’un d’eux. « Mais il ne faut pas non surestimer notre pouvoir d’influence. D’un point de vue journalistique, il est inexistant. Nous ne dressons pas la grille des programmes et ne décidons pas non plus de la suppression des émissions de culte. »

« La marge financière accordée à la VRT dans le cadre des nouvelles négociations gouvernementales est bien plus importante », précise un autre membre du conseil d’administration. « Tout comme la discussion sur le contrat de gestion pour la période 2021-2025, qui sera sans doute adopté au parlement flamand en automne. »
S’il est décidé, par exemple, de diffuser 50 pour cent de musique flamande sur les ondes de la VRT, il revient au parlement flamand d’inclure cette décision dans le contrat de gestion. Le conseil d’administration pourra alors uniquement contrôler si ledit contrat est bien respecté.

Pas lieu de changer

Le sujet soulève des questions, notamment celle de savoir si la composition d’un conseil d’administration doit se faire selon des critères politiques. « Pour un tel organe, c’est exceptionnel, mais il est important que les divers courants politiques y soient représentés », insiste Luc Van den Brande. « Il est donc de bon ton que le conseil soit encore le reflet des groupes politiques du parlement flamand. »

© DaarDaar ASBL 2017 - Mentions légales - Vie Privée