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Le PTB-PVDA, une réelle menace pour la gauche flamande

(cc) Flickr Solidair e

5 juin 2019

Le PTB-PVDA, une réelle menace pour la gauche flamande

Temps de lecture: 2 minutes
Traducteur Sebastien Cano

Les PTBistes flamands s’apprêtent à siéger dans les assemblées. Et ils sont bien plus nombreux qu’ils n’auraient pu l’imaginer dans leurs rêves les plus fous. Groen et le sp.a observent avec inquiétude la force rouge sombre qu’ils côtoieront sur les bancs du
parlement. « À juste titre », analyse Nicolas Bouteca, politologue à l’UGent. « De danger théorique, ils sont devenus une menace réelle pour la gauche. »

« L’objectif était de faire élire Peter Mertens à la Chambre. La deuxième place de sa liste anversoise était un bonus. Et pour finir, nous en avons obtenu encore un de plus. » Jos D’Haese, tête de liste anversoise pour le Parlement flamand et tout nouveau chef de groupe du PTB, peine encore à y croire. Son parti est parvenu à faire élire quatre députés au Parlement flamand. À la Chambre, les communistes en comptent douze au total, dont cinq néerlandophones : deux élus d’Anvers, un de Flandre-Orientale, un de Bruxelles et un du Limbourg, passé par la liste liégeoise.

Et leur poids politique est tout sauf négligeable. Tom De Meester, qui maîtrise les dossiers de l’énergie sur le bout des doigts, s’est fait connaître par sa lutte pour l’allégement des factures. Kim De Witte est spécialiste des retraites à la KU Leuven. Quant au président du parti, Peter Mertens, il est désormais le communiste le plus célèbre du pays après Raoul Hedebouw. Jos D’Haese, qui a fait ses débuts comme militant proclimat, se destine à devenir le pendant flamand de Hedebouw.

Les talents nécessaires

Rien d’étonnant, dès lors, à ce que les autres partis flamands de gauche, le sp.a et Groen, voient d’un mauvais œil l’arrivée des communistes flamands dans les assemblées. « Ils arrivent avec les talents nécessaires », résumait encore un socialiste la semaine dernière. « On va devoir mettre les bouchées doubles. »

« Les préoccupations de Groen et du sp.a sont tout à fait justifiées », fait observer Nicolas Bouteca, professeur de sciences politiques à l’UGent. « Le PTB a longtemps représenté une menace théorique qui est désormais bien réelle. Il reçoit plus de fonds pour le fonctionnement du parti, parce que ses groupes dans les parlements sont plus importants.
Et l’attention des médias ne va pas se tarir entre les élections, ne serait-ce que parce que la VRT doit, de temps à autre, mettre en avant chaque parti qui siège au Parlement flamand. »

La lutte pour recueillir les voix de gauche sera donc d’autant plus rude. « Le PTB pêche en partie dans le même étang que Groen et le sp.a », poursuit Bouteca. « Les citoyens ne votent pas soudainement pour un parti totalement différent. Disons que la N-VA et l’Open VLD font moins de mal à Groen qu’un PTB fort. »

Le terrain

Mais les communistes doivent d’abord faire leurs preuves. La répartition des dossiers entre les députés a lieu cette semaine. Ensuite, comme leurs collègues, il leur faudra mettre pleins gaz. « Nous entendons poursuivre pleinement notre travail sur le terrain », précise le président du parti, Peter Mertens. « Rester en contact avec la société civile et les syndicats pour continuer à parler la langue de ceux que nous représentons. Et ensuite établir des liens avec nos connaissances des dossiers au Parlement. »

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