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La polarisation gagne du terrain dans les médias flamands
16·06·22

La polarisation gagne du terrain dans les médias flamands

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Photo by Melyna Valle on Unsplash

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Il ressort du Digital News Report, une étude publiée chaque année, que la confiance envers les médias flamands reste élevée. Il n’en demeure pas moins que la polarisation guette. « Nous assistons à des pratiques qui sortent tout droit du livre de recettes de populistes tels que Trump et consorts. »

La crise sanitaire a dopé la confiance dans les médias flamands. « Il s’agit à présent de poursuivre sur cette lancée » : tel était le message l’an dernier lors de la présentation du Digital News Report, une étude qui dresse annuellement un état des lieux des médias dans 48 pays. Et il semblerait que le vent ait tourné : la confiance du consommateur d’actualité dans l’ensemble des médias flamands tend à diminuer, selon Ike Picone, professeur en études médiatiques et journalistiques (VUB), et son équipe.

« En comparaison avec l’étranger, les médias flamands s’en sortent plutôt bien », nuance Ike Picone. La confiance reste plus élevée qu’avant la pandémie, comme en témoignent les 57% des usagers flamands qui disent faire globalement confiance aux informations d’actualité. Mais à y regarder de plus près, on remarque qu’une fracture s’opère au sein du paysage médiatique flamand. Alors que la confiance est relativement élevée à l’échelle internationale, la méfiance gagne du terrain.

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Cette tendance à la méfiance s’observe surtout chez les usagers de droite et à faibles revenus. « VRT Nieuws illustre à merveille cette polarisation croissante », précise le professeur. « Avec un score de 77%, il s’agit du média qui bénéficie du plus haut degré de confiance en Flandre. Mais de l’autre côté, 19% d’usagers de droite déclarent se méfier de l’offre d’informations du radiodiffuseur public. »

La Belgique n’a pas encore atteint les extrêmes des États-Unis, où la polarisation a entraîné une crise de confiance envers les médias. « La vigilance est tout de même de mise », avertit Ike Picone. « Le danger est de voir certains groupes se détourner des médias traditionnels. Lorsqu’un parti comme le Vlaams Belang surfe sur cette la vague de scepticisme en lançant sa propre application d’information, la situation peut prendre de l’ampleur. Ces pratiques sortent tout droit du livre de recettes de populistes tels que Trump et consorts. »

« Médiasceptiques »

Dans les quatre coins du monde, les « médiasceptiques » se multiplient. À peu près quatre personnes interrogées sur dix (38%) font souvent ou parfois l’impasse sur les actualités. En 2017, cette proportion était de 29%. Avec 31%, la Flandre s’en sort légèrement mieux que la moyenne, mais les médiasceptiques y ont malgré tout augmenté de 10% par rapport à 2017.

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Les personnes interrogées dénoncent la surcouverture médiatique de certains sujets d’actualité. Pour l’année écoulée, l’actualité politique et la crise sanitaire sont clairement pointées du doigt. Les jeunes médiasceptiques – âgés de 35 ans ou moins – affirment en outre que le négativisme qui règne dans les médias les déprime. C’est d’ailleurs principalement pour cette raison qu’ils se détournent des acteurs traditionnels.

Selon Ike Picone, il ne sera pas facile de renverser la vapeur. Les jeunes consommateurs d’informations demandent à présent à « leurs » sources d’information de prendre position sur des questions importantes, telles que le réchauffement climatique. Reste qu’en agissant de la sorte, les médias risquent tout bonnement de perdre des audiences à l’autre bout du spectre.

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