Bart De Wever rompt le silence

16 avril 2017 | Auteur : | Temps de lecture : 2 minutes

Le président de la N-VA a finalement réagi aux récentes polémiques impliquant les membres de son parti, dont Zuhal Demir, la secrétaire d’État à l’Égalité des chances. Il défend les siens et n’envisage pas de formuler d’excuses auprès du CD&V.

Dimanche dernier, la secrétaire d’État N-VA Zuhal Demir avait affirmé dans le journal gratuit De Zondag que le CD&V considérait les musulmans comme du « bétail électoral » et qu’elle voulait en avertir les Flamands. Encore un incident qui renforce davantage les oppositions entre les partenaires de coalition CD&V et N-VA.

Une réaction qui s’est faite attendre

Selon Liesbeth van Impe, rédactrice en chef du Nieuwsblad, la N-VA veut se profiler : « Je pense que même Zuhal Demir ne croit pas que le CD&V soit devenu le parti des musulmans. Quand il s’agit du socio-économique, la N-VA va suggérer que le PS ou le CD&V, c’est la même chose. Dans les débats sur les questions identitaires, il est évident que la N-VA veut faire du CD&V l’équivalent de tout ce que tout le Flamand dit « normal » ne veut pas. Et cette technique concerne de nombreux sujets : les musulmans, les profiteurs, les Wallons, le PS, etc. »

Il aura fallu plus d’une semaine avant que le président de la N-VA ne réplique, également dans De Zondag : « On nous voit comme plus stratégiques que nous ne sommes. Nous mettons un terme au laxisme, oui. Mais ce n’est pas pour plaire à un groupe d’électeurs. Ces polémiques concernent souvent la signification d’un mot ou d’un chiffre. C’est beaucoup de bruit pour rien. »

Ce n’est pas une première

En août 2016, c’est Bart De Wever lui-même qui avait déjà utilisé le terme « bétail électoral » en faisant implicitement allusion au CD&V au quotidien De Tijd : « Traiter les croyants comme du bétail électoral est peut-être bon pour la politique à court terme. Mais à long terme, c’est toute la Flandre qui y perd. »

Dans le dossier actuel, il continue à adopter la même attitude et soutient les propos tenus par Zuhal Demir. D’après lui, Mieke Van Hecke, tête de liste CD&V pour les élections communales à Gand, dit elle-même que le CD&V est un parti logique pour les musulmans. « Ce que Zuhal a déclaré dans l’interview dans De Zondag semble correct dans les faits. On pourrait même y ajouter d’autres exemples. Il n’y a d’ailleurs rien d’indécent à essayer de s’associer à un certain groupe de la population. Mais pourquoi alors réagir de manière aussi hystérique quand un autre parti attire l’attention sur ce point ? »

Pas question d’excuses

Le président de la N-VA, également bourgmestre d’Anvers, reconnait toutefois que la fonction de Zuhal Demir n’était pas idéale pour s’exprimer de cette manière : « Je reconnais qu’en tant que membre du gouvernement, on doit ménager son partenaire de coalition. Il vaut mieux laisser ça au parti. Zuhal ne devrait donc pas le dire. Mais, des excuses… Dois-je à chaque fois exiger des excuses quand un membre du CD&V me critique moi ou mon parti ? M’avez-vous déjà entendu m’en plaindre ? Jamais. »

À l’instar de sa secrétaire d’État, Bart De Wever considère que le dossier est clos et ne voit pas pourquoi il ne devrait plus rester au gouvernement : « En ce qui me concerne, je n’ai aucun problème à continuer à collaborer avec le CD&V. S’ils trouvent qu’il faut en parler, je suis ouvert. Mais la balle est dans leur camp. J’ai l’intention de travailler jusqu’à la fin (du mandat – ndlr). »

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(cc) Hawekeyesix

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