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Le déclin des maths en Flandre, une menace pour la prospérité de la Région
31·08·21

Le déclin des maths en Flandre, une menace pour la prospérité de la Région

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Photo by ThisisEngineering RAEng on Unsplash

Dominique Jonkers
Traducteur Dominique Jonkers

On connait l’illettrisme, on connait moins l’« innumérisme ». Le terme est l’une des traductions de l’anglais innumeracy, créé il y a trente ans par le professeur américain John Allen Paulos, auteur d’un ouvrage où il soulignait toute l’importance de la réflexion mathématique. Si l’expression est d’ordinaire utilisée avec une pointe d’ironie, elle risque de prendre en Flandre une tournure bien concrète.

Les connaissances mathématiques des écoliers sont en effet en déclin depuis des années, et vu la pénurie alarmante de professeurs dans cette discipline, tout semble indiquer qu’on n’est pas près d’inverser cette tendance. Seule une petite minorité de profs a bénéficié d’une véritable formation en mathématiques. De toute évidence, l’enseignement de cette matière en souffre.

Il n’est donc pas excessif, comme le fait Filip Moons, membre de l’Association flamande des professeurs de mathématiques, de voir dans cette situation une menace pour notre prospérité. Récemment encore, les économistes de la banque ING déploraient la croissance trop faible, sur notre marché du travail, des emplois à forte productivité. Pour maintenir notre prospérité à son niveau actuel, augmenter la productivité du travail est indispensable. Il faut donc miser sur les emplois hautement qualifiés – qui requièrent bien souvent des connaissances mathématiques.

Compétitivité

Depuis des années, on nous rappelle la nécessité de maintenir une population suffisante d’étudiants dans les disciplines dites « STEM », acronyme dont la dernière lettre désigne les « mathématiques » (Science, Technology, Engineering and Mathematics). Moins il y aura sur le marché du travail de jeunes disposant d’une bonne maîtrise des mathématiques, plus nous risquons de voir stagner la productivité du travail. Or de cette productivité dépend non seulement la capacité de financer les pensions futures, mais aussi la compétitivité de la Belgique à l’égard des autres économies.

Plus généralement, les connaissances de base en mathématiques sont simplement indispensables pour comprendre les enjeux de la société actuelle. C’est justement l’argument qu’avançait John Paulos dans son ouvrage : sans logique mathématique, difficile de saisir la teneur de certaines questions de notre époque comme les effets secondaires des vaccins, le lien entre les taux d’intérêt et l’inflation, la fiabilité des sondages d’opinion.

La dégradation des connaissances en mathématiques nuit aux intérêts du pays, c’est indéniable. Mais la complexité du problème empêche de dégager une solution immédiate. Or, il y a urgence. Plus on perd de temps, plus on met la prospérité du pays est en danger.

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