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La police de Hasselt lutte contre les pickpockets à Berlin
9 juin 2015

La police de Hasselt lutte contre les pickpockets à Berlin

Temps de lecture: 4 minutes
Marij Wyers
Auteur
Ludovic Pierard
Traducteur Ludovic Pierard

“Les Allemands font souvent appel à notre expertise pour lutter contre les pickpockets”

HASSELT — Les voleurs à la tire ont fait des affaires en or lors de la finale de la Ligue des Champions à Berlin : sur les 100 000 supporters de la Juventus et de Barcelone, plus de 300 ont été dépouillés dans la capitale allemande. Mais grâce à l’intervention de Jill Liberloo et de ses deux collègues limbourgeois de la police fédérale, tous les malfaiteurs ne sont pas rentrés chez eux avec leur butin. Nos experts belges ont procédé à 21 arrestations et passé les menottes à 8 détrousseurs. Un beau résultat : on comprend que la police allemande fasse souvent appel aux renforts limbourgeois, en raison de leur efficacité.

Forte de douze membres, l’équipe de police de Jill Liberloo à Hasselt s’est forgé une solide réputation en Allemagne. Spécialisée dans la lutte contre les pickpockets, sa première intervention remonte à la Coupe du monde de football 2006. Depuis lors, elle participe chaque année aux fêtes de la bière de l’Oktoberfest à Munich. “En Europe, il n’existe pas beaucoup de spécialistes de la lutte contre les pickpockets. Lors d’un événement footballistique de cette ampleur, les Allemands ne peuvent pas s’en sortir seuls. Ils nous demandent donc de les aider”, explique Jill. Chez nous, son équipe de la police fédérale traque principalement les voleurs de bagage et à la tire, dans les stations de métro et dans les gares.

12 000 euros ont été volés dans le sac à main d’une Asiatique. Les touristes originaires d’Asie gardent souvent en poche une quantité incroyable d’argent liquide.

JILL LIBERLOO, équipe de la police en charge des pickpockets

“L’Europe compte peu de spécialistes de la lutte contre les pickpockets. C’est pourquoi nous sommes appelés lors d’un événement footballistique de grande ampleur comme celui de Berlin”, explique Jill Liberloo, chef de l’équipe.

Jill est parti pour Berlin à la fin de la semaine passée, en compagnie d’un collègue originaire de Hasselt et d’un policier de Herk-de-Stad. “Vendredi, nous avons patrouillé en ville, aussi bien à Berlin Ouest où se rassemblaient les fans de Barcelone que du côté Est, près de l’Alexander Platz, où se réunissaient les supporters de la Juventus.” Pour ne pas attirer l’attention, nos Limbourgeois s’étaient “camouflés” en touristes afin d’épier leurs proies en toute discrétion.

Comment reconnaît-on un voleur à la tire ?

Jill Liberloo : “Il a un regard et un comportement différent de celui des supporters ou des touristes. Il fixe sa victime à hauteur de hanche, il ne soucie pas de ce qui l’entoure et il ne participe pas à la fête.”

Lorsque vous en surprenez un en action, vous lancez-vous à sa poursuite dans la foule ?

“À vrai dire, si nous devons courir, nous avons un temps de retard. Lorsque nous avons un pickpocket dans le viseur, nous veillons à nous en approcher rapidement. Nous l’attrapons dès qu’il a commis son méfait. Deux policiers se concentrent sur le voleur, tandis que le troisième s’occupe de la victime.”

“À l’heure actuelle, les gens mettent encore beaucoup d’argent dans leur poche, d’autant plus lors d’événements footballistiques où les boissons sont payées en liquide. On estime en moyenne le montant d’un vol à 150 euros par victime. Sans oublier les vols de Smartphones. Les touristes, surtout, gardent de l’argent sur eux, et même en quantités considérables pour les Asiatiques, car ils viennent acheter des produits de luxe en Europe. On en a eu une nouvelle preuve à Berlin : une somme de 12 000 € a été dérobée dans le sac à main d’une Asiatique. Le tireur n’a malheureusement pas pu être arrêté.”

Existe-t-il un profil type du pickpocket?

“En principe, ce peut être n’importe qui, de 7 à 77 ans. Les voleurs attrapés à Berlin venaient de Roumanie, de Suède, d’Italie, du Maroc et de Bulgarie. Il s’agit souvent de bandes itinérantes bien organisées. Nous n’avons pas arrêté de Belges, ni d’Allemands d’ailleurs. Nous passions immédiatement les menottes aux malfaiteurs, puis, par GSM, nous informions nos collègues de la police allemande qui venaient ensuite les chercher en car pour les mettre en cellule.”

Quels sont les trucs utilisés par les indélicats ?

“Nous avons pu mettre sous les verrous un groupe de quatre personnes utilisant le “truc du drible” qui consiste à dribler avec un ballon autour de la victime, dont l’attention est ainsi détournée. À ce moment-là, les malfaiteurs ont les coudées franches et plongent leurs mains dans les sacs à dos, les sacs à main et même dans les poches. Nous les avons vus agir de la sorte à quatre reprises et nous avons pu les mettre sous les verrous. Ils avaient encore leur butin en poche. Il s’agissait de trois Marocains et d’un Suédois.”

Est-il plus difficile d’opérer au milieu de supporters de foot ?

“Pas vraiment. La technique reste la même en toutes circonstances : rechercher discrètement les « drôles de cocos ». À Berlin, le travail était agréable, l’ambiance joyeuse et bon enfant. Ce fut une expérience unique.”

Avez-vous eu l’occasion de voir la victoire de Barcelone entre deux interventions ?

“Nous avons vu une partie du match : le coup d’envoi et le dernier quart d’heure. Nous étions postés autour du stade olympique, notamment à l’entrée. Après la finale, nous avons encore passé les menottes à des pickpockets dans cette zone. Quant à moi, je suis supporter de l’équipe du KRC Genk. Si elle dispute un jour la finale de la Ligue des Champions, il ne faudra pas compter sur moi pour attraper les voleurs (rires).”

En V.O. dans Het Belang Van Limburg du 8 juin, p.4 et 5

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