Cette fois, c’est certain. À partir de l’année scolaire 2027-2028, le néerlandais sera obligatoire dans les écoles wallonnes. La ministre de l’Éducation Valérie Glatigny (MR) l’a annoncé au micro de mon émission radio sur bel RTL. La mesure sera mise en œuvre progressivement, année après année : on commencera en troisième primaire pour atteindre la sixième en 2030-2031. « De quoi fêter en beauté les 200 ans de la Belgique », souligne la ministre.
Une question se pose : quel impact aura la mesure sur l’enseignement secondaire ? Réponse de Valérie Glatigny : « Dès la première secondaire, pour assurer la continuité des apprentissages, les élèves devront également choisir le néerlandais comme première langue étrangère à partir de 2031. » Mais la libérale se garde de parler d’une obligation générale : les directions pourront autoriser, dans des cas exceptionnels, que l’anglais reste le premier choix. Lesquels, la ministre ne le précise pas.
Elle ne peut donc pas exclure que cette exception soit massivement utilisée pour quand même échapper au néerlandais. « Je ne pense pas », répond-elle. « Après quatre ans de néerlandais, les jeunes seront lancés. Pourquoi changeraient-ils ? » We zullen zien, conclurait Boris Dilliès.
Autre écueil : le manque de professeurs de néerlandais disponibles en Belgique francophone. C’est logique : de moins en moins de jeunes Wallons choisissent d’étudier la première langue du pays. Le gouvernement wallon va donc mettre la main au portefeuille pour recruter des enseignants, y compris en Flandre, y compris dans le Limbourg : leur ancienneté sera valorisée jusqu’à 7 ans.
Les cours de néerlandais ont-ils toujours été facultatifs en Wallonie ?
Pendant ce temps, l’attrait du néerlandais continue de s’éroder. Voici, en primeur, les chiffres de cette année scolaire :
– 25 % des élèves wallons choisissent le néerlandais en début de secondaire ;
– 73 % optent pour l’anglais, soit près de trois fois plus d’élèves ;
– les 2 % restants apprennent l’allemand, surtout à la frontière avec l’Allemagne, à Verviers par exemple.
Il y a vingt ans, c’était encore fifty-fifty : 49 % pour l’anglais et le néerlandais, 2 % pour l’allemand. Cette chute libre du néerlandais s’explique de plusieurs façons. D’abord, l’idée ancrée en Wallonie que la Flandre souhaite son indépendance : « Pourquoi étudier une langue difficile si, un jour, la frontière linguistique devient une frontière nationale ? »
Et puis l’anglais ne cesse de gagner en popularité, en Wallonie comme en Flandre. Dans les années à venir, Valérie Glatigny va ainsi avancer d’un an l’apprentissage d’une deuxième langue étrangère, l’anglais donc. Son apprentissage commence aujourd’hui en troisième secondaire, il débutera bientôt en deuxième.
Bien sûr, les Wallons ne deviendront pas bilingues du jour au lendemain. Mais des situations comme celles de Georges-Louis Bouchez qui, comme 25 % des Wallons, n’ayant pas appris l’ombre d’un mot de néerlandais à l’école, se montrent incapables de le maîtriser, appartiendront au passé. Et la Belgique sera un peu plus la Belgique.
Bruxelles bilingue ? Officiellement, oui. Dans les faits, pas du tout !