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Procès PFAS contre le géant américain 3M : un Erin Brockovich sur l’Escaut
24·02·26

Procès PFAS contre le géant américain 3M : un Erin Brockovich sur l’Escaut

Pieter Lesaffer est journaliste pour le quotidien Het Nieuwsblad.

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

© Belga

Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Cette semaine, on revit l’histoire d’Erin Brockovich…. Réunis devant le juge de paix, 1 400 citoyens anversois ont demandé des dédommagements à l’usine chimique 3M en raison de la pollution de l’environnement au PFAS.

Erin Brockovich, interprétée dans le film éponyme par Julia Roberts, luttait contre une société de distribution d’énergie dans un dossier de pollution de l’eau. Dans le cas d’Anvers, il s’agit d’une pollution du sol aux PFAS. Les dégâts sont avérés dans les deux cas, et la trame est toujours la même. Au départ, les entreprises restent attachées à leur production, de préférence dans un silence total. En interne, elles ont vraisemblablement déjà établi des rapports sur les risques environnementaux, mais elles les nuancent tellement que leur conscience s’en retrouve apaisée. Ce n’est que sous la pression externe que, faussement indignées, elles avouent. On se croirait revenus au temps du scandale de l’amiante.

Depuis quelques mois, l’Union européenne planche sur le sauvetage de son industrie, avec la question de la pression régulatoire au centre des débats. En boutade, il se dit que les États-Unis innovent, que la Chine copie et que l’UE régule. Il y a deux semaines, les dirigeants des plus grandes entreprises industrielles s’étaient réunis à Anvers pour souligner cet état de fait. Ils ont demandé – et obtenu – l’engagement d’Ursula von der Leyen de tailler dans les réglementations.

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Ces dirigeants ont oublié de dire que si ces règles existent, c’est pour une raison. Et surtout les très décriées réglementations environnementales. Mais il se trouve que cette raison ne leur plaît pas : c’est parce qu’eux-mêmes et leurs entreprises ne sont pas dignes de confiance en l’absence de règles, comme le démontrent les dossiers du PFAS et de l’amiante.

À cet égard, le témoignage d’un expert néerlandais devant la commission d’enquête PFAS de 2021 en disait long. Il assurait se cantonner aux faits. Lors de chaque contrôle qu’il menait, il découvrait que les entreprises avaient inventé de nouveaux matériaux polluants et les éjectaient dans l’air sans vergogne. Leur argument demeurait invariablement le même : vu qu’aucune règle ne concerne (encore) ce matériau spécifique, on ne peut pas l’interdire. Voilà pourquoi les politiques ont dû se presser de réguler.

À la vue de ces riverains qui se rassemblent de nouveau cette semaine pour faire valoir leurs droits, l’industrie serait bien inspirée de pratiquer l’introspection. Peut-être y a-t-il là une bonne thématique pour le prochain sommet de l’industrie à Anvers : comment développer notre éthique en matière d’environnement ?

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