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Les résultats scolaires en math en chute : combien de fois faudra-t-il tirer le signal d’alarme ?
02·06·22

Les résultats scolaires en math en chute : combien de fois faudra-t-il tirer le signal d’alarme ?

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Photo by Artturi Jalli on Unsplash

Alerte ! Les connaissances en mathématiques des élèves de sixième année se sont dégradées par rapport à il y a cinq ans. Or à l’époque, déjà, ce n’était guère brillant. Rien de nouveau sous le soleil, hélas : voilà de nombreuses années que l’on tire la sonnette d’alarme. Enquête Pisa après enquête Pisa, sondage après sondage. Les savoirs de nos enfants sont en baisse. Si usée que soit cette complainte, elle est trop importante pour qu’on cesse de la répéter, encore et encore.

Après la publication dans ces colonnes, en 2018, d’une série d’articles humiliants sur la baisse du niveau de l’enseignement, Bart De Wever en avait eu plus qu’assez. En Région flamande, il fallait d’urgence nommer un ministre N-VA à l’Enseignement, cela allait tout arranger. Et le sort tomba sur Ben Weyts.

Il faut bien l’admettre, à l’échelle de la Flandre, l’homme a proposé des mesures spectaculaires : des examens mesurant les progrès dans les apprentissages à l’école, de nouveaux objectifs d’apprentissage, plaçant la barre plus haut, et des tests de langue pour les enfants à l’école maternelle. Ces mesures en ont fait renâcler plus d’un, mais clairement, poursuivre sur la pente savonneuse dans laquelle on s’était engagé n’allait servir à rien.

Mais voilà : la première étape vers la connaissance tient à la présence dans la classe d’un enseignant. Et d’un enseignant motivé. Qui explique avec passion à l’enfant combien font 30 % de 50 euros. Qui conjugue avec passion le verbe « slapen » ou qui commente les souffrances du jeune Werther.  Ces enseignants-là, il nous en manque, on le voit chaque jour. De plus en plus.

Selon Pedro De Bruyckere, spécialiste des questions d’enseignement, quelque 43 % des enseignants auraient récemment évoqué l’existence de classes où, plusieurs heures par jour, il n’y a tout simplement personne pour donner cours. En novembre 2020, cette proportion n’était encore que de 20 %. Heureux les enfants dont les parents ont le temps — et l’envie — de pallier ces défaillances.

Et tant pis pour l’égalité des chances parmi les enfants.

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Désormais, en Flandre, les années de carrière dans le privé interviennent plus souvent, et davantage, dans le calcul du salaire de l’enseignant ; on peut même donner cours tout en travaillant dans le privé ; on a mis en place un accompagnement pour les enseignants débutants, et la procédure de nomination a été accélérée. Mais ce ne sont là que des mesurettes, et non le grand bond en avant dont nous avons besoin. De minuscules sparadraps sur une plaie trop longtemps ouverte et suppurante. Quand donc verra-t-on un débat sur ces questions au Parlement flamand ? Ne peut-on donc débattre là-bas que d’azote et de câbles à haute tension ?

« Un jeune enseignant n’a pas à se trouver devant les classes les plus difficiles. »

L’enseignement est pourtant notre bien le plus précieux. C’est d’un tornade que nous avons besoin, ne fût-ce que pour trouver des idées. Car il est plus que temps de revoir notre politique de ressources humaines. De déboulonner certains tabous. Un jeune enseignant n’a pas à se trouver devant les classes les plus difficiles. Dans le privé non plus, on ne donne pas les tâches les plus ardues aux débutants. L’incertitude risque de repousser les jeunes enseignants. Donner cours, voilà la base de tout. Par contre, tenir à jour des fiches individuelles par enfant, à destination des parents, ne peut pas devenir une tâche quotidienne. En réclamant de telles démarches, les parents contribuent eux aussi — contre toute raison — à placer la barre plus bas et à dégoûter les enseignants.

L’excellence de l’enseignement ne résulte pas de la multiplication des associations de pouvoirs organisateurs, de structures et d’interférences, ni à la prolifération des mesures administratives et de règlements divers. Elle résulte de l’intervention d’enseignants qui excellent à ce qu’ils font. Mais combien de fois faudra-t-il encore tirer le signal d’alarme ?

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