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Les nouveaux uniformes de police sont-ils trop flamands?
16·10·25

Les nouveaux uniformes de police sont-ils trop flamands?

Temps de lecture : 3 minutes Crédit photo :

Belga image

Dominique Jonkers
Traducteur Dominique Jonkers

Voici que Bernard Quintin, ministre de l’Intérieur (MR), remet subitement en cause le projet visant à doter d’un nouvel uniforme, dès l’an prochain, les 45 000 policiers de notre pays. Le problème ? Le coût. Sans compter que du côté francophone, le choix des coloris (jaune et bleu foncé) serait perçu comme « trop flamand » par certains.

Aujourd’hui déjà, dans plusieurs zones de police du pays, des agents testent le nouvel uniforme destiné aux services de police. C’est notamment le cas dans la zone de police d’Anvers, qui a assuré une bonne partie des travaux préparatoires pour la conception de ce nouvel uniforme. C’est l’ancienne ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), qui avait décidé il y a quelques années déjà que la police avait besoin de nouveaux uniformes, et ce nouveau modèle – bleu foncé agrémenté de touches de jaune (et non plus d’orange comme auparavant) – était censé être disponible dans tout le pays fin 2026. L’uniforme actuel date de 2001, il y a presque 25 ans.

Loi linguistique

Or voici que l’actuel ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR) soulève de sérieuses objections à l’égard de ce dossier, pourtant bien avancé. À la Chambre, il a récemment souligné qu’il s’agit toujours d’un « projet pilote – effectivement suivi avec beaucoup d’enthousiasme par certaines zones de police » et qu’il a commandé une nouvelle « analyse fonctionnelle et budgétaire ». Il estime avoir hérité « d’un dossier assorti d’un cadre juridique et budgétaire pour le moins ‘fragile’, compte tenu des défis budgétaires ». Selon Bernard Quintin, « aucune base légale ne permet actuellement de mener ce dossier à bien ».

Ce nouvel uniforme de police — actuellement en phase de test — a en outre provoqué déjà une certaine agitation en Belgique francophone. Plusieurs zones de police en ont reçu, pour les tester : sont-ils confortables, le tissu ne s’use-t-il pas trop vite ? Problème : par souci d’économie, les vêtements distribués en test ne portent que l’inscription « Politie » en néerlandais. Certains chefs de corps responsables de zones francophones n’ont pas apprécié, préférant ne pas sortir ces uniformes de leur emballage, « en raison des problèmes purement juridiques liés à leur utilisation. »

Bernard Quintin n’apprécie pas davantage qu’il n’existe aucune version test francophone, affirmant avoir « insisté lourdement — et c’est un euphémisme — pour adapter les uniformes testés de manière à respecter la législation linguistique en vigueur. » Pour le député PS Éric Thiébaut, qui a questionné Bernard Quintin sur le dossier des uniformes, il est clair que « ses collègues flamands seraient tombés de leur chaise si les zones de police flamandes avaient été équipées d’uniformes portant en tout et pour tout l’inscription « Police »
en français. »

Selon certains syndicats policiers, Bernard Quintin serait en outre sensible à une autre critique formulée en Belgique francophone, selon laquelle ces nouvelles couleurs policières — jaune et bleu marine foncé — seraient trop proches du jaune et noir, couleurs officielles de la Flandre. Affirmation rejetée hier par son porte-parole : pour le cabinet Quintin, « le débat est budgétaire ». Même réaction chez le syndicat policier ACV : « On rogne sur tout, au point que les coupes budgétaires privent certains services de véhicules de police. Dans une telle situation, est-il vraiment justifié d’investir dans de nouveaux uniformes ? D’autant que la dépense est loin d’être modeste. » Enfin, rappelons un détail qui ne manque pas
d’importance : c’est à Bernard Quintin qu’il revient d’achever d’ici 2027 la fusion des zones de police de Bruxelles qui, à elle seule, coûtera plusieurs dizaines de millions d’euros.

Bleu très foncé

Le commissaire divisionnaire Nicolas Paelinck, chef de corps de la police du Westkust et président de la Commission Permanente de la Police Locale, insiste sur l’importance de ces nouveaux uniformes, malgré leur coût élevé : « Les uniformes actuels ont 25 ans, ils n’inspirent pas le respect, j’appelle ça des `costumes de fanfare’. Nous avons vraiment besoin de matériel neuf, car la situation actuelle tourne à la cacophonie. L’uniforme actuel est si vieux, si défaillant, que certains corps de police ont pris en la matière des initiatives –
au détriment de l’uniformité. »

À la polémique relative aux couleurs « trop flamandes » de l’uniforme, Nicolas Paelinck répond : « je connais, dans la partie francophone du pays, des corps de police où cette sensibilité n’existe pas du tout. Cela étant, le bleu d’un certain nombre d’uniformes « témoins » exposés à Bruxelles est effectivement très foncé.

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