Les Diables rouges, bien plus qu’un symbole de diversité

10 juillet 2018 | Auteur : | Traducteur : Guillaume Deneufbourg | Temps de lecture : 2 minutes

Les Diables rouges mettent le pays tout entier en joie. L’engouement suscité est sans nul doute le fruit de la qualité du football développé par notre équipe nationale, qui a éliminé le Japon avant de sortir la toute-puissance brésilienne. Vous pouvez ne pas être amateur de foot, la ferveur et l’esprit d’équipe qui animent nos Diables sont à ce point communicatifs que même les observateurs les plus neutres admettent désormais que ce groupe mérite d’être champion du monde.

Mais il y a plus. L’exaltation dans laquelle nous baignons dépasse le football. Quelle que soit l’explication choisie, personne ne peut rester insensible à la frénésie qui nous a réunis vendredi soir, au nombre de drapeaux noir-jaune-rouge hissés à nos fenêtres depuis des semaines. Notre principale préoccupation du jour est de savoir où et avec qui nous vivrons la demi-finale.

Les Belges ont d’ordinaire bien du mal à appréhender le concept de sentiment national, mais il règne aujourd’hui dans le pays une atmosphère qui s’en rapproche. Une sensation aussi agréable qu’inhabituelle.

Vous aurez peut-être remarqué les similitudes entre notre équipe et la population qui a envahi les rues de Bruxelles, d’Anvers, de Gand ou de Liège vendredi. Toutes deux sont un symbole de diversité, qui joue au foot pour les uns, qui fait la fête pour les autres.

Tel est peut-être le principal enseignement que nous pouvons tirer de ce sport si populaire. On le voit dès les équipes d’âge : peu de groupes sociaux traduisent une diversité aussi riche qu’une équipe de jeunes footballeurs. Je vous l’accorde : le football belge a encore des progrès à faire en matière d’égalité hommes-femmes et certains parents sur le bord du terrain auraient bien besoin d’un stage de savoir-vivre en société. Mais force est de reconnaître qu’au-delà d’un lieu d’amusement, une équipe de football est aussi un environnement qui prône l’égalité des chances, où joueurs et entraîneurs savent que toute discrimination fondée sur l’origine, la couleur de peau, le nom ou la religion sera immédiatement sanctionnée par la défaite.

Le football est un lieu sans filtres discriminatoires ; une caractéristique que l’on ne peut hélas attribuer à l’enseignement ou au marché de l’emploi. N’est-il pas désolant de savoir que ces joueurs qui évoluent aujourd’hui en équipes d’âge seront séparés dès leurs études secondaires en raison de leurs origines ethniques et sociales ? Les blancs s’orienteront majoritairement vers le général, les autres seront dirigés vers le professionnel ou le technique. Une subdivision qui conduira inévitablement à une scission du marché de l’emploi et, par corollaire, du monde adulte.

En ce sens, nos Diables rouges sont en avance sur leur temps. Leur modernité n’est pas le seul fait de leurs performances sportives : tandis qu’ils donnent avec aisance et fluidité des interviews dans au moins trois langues, ils n’ont que faire de ces discussions oiseuses sur leurs origines ethniques ou leur religion.

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Cc David Charlier

De Morgen

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Traducteur : Guillaume Deneufbourg
Auteur :
Date de publication : 09/07/2018
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