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La ministre Schauvliege recadrée par un humoriste

La mort dans l’âme, Joke Schauvliege a bien dû se rendre à l’évidence et donner raison à l’humoriste.

(Photo: commons.wikimedia.org )

21 septembre 2015

La ministre Schauvliege recadrée par un humoriste

Temps de lecture: 2 minutes

Cela fait une semaine que l’humoriste Wouter Deprez et la ministre flamande de l’Environnement, de la Nature et de l’Agriculture, Joke Schauvliege (CD&V), se prennent le bec à propos d’une zone naturelle du Limbourg menacée de disparition par la possible extension de la société de transport Essers NV. « Elle ne connait pas son dossier », avait lancé l’un. « Il est mal informé », avait riposté l’autre.

C’est du jamais vu : un humoriste flamand remet une ministre à sa place grâce à une simple publication Facebook. La semaine dernière, Wouter Deprez s’est pris le bec avec la ministre flamande de l’Environnement, de la Nature et de l’Agriculture, Joke Schauvliege. Le comédien l’a violemment critiquée sur les réseaux sociaux, avant que la responsable politique ne lui réponde sur le plateau de l’émission Terzake (VRT). Mais au bout du compte, c’est bien la ministre qui fait fausse route. Son porte-parole qualifiera l’incident de « maladresse de formulation ».

Wouter Deprez s’oppose avec vigueur à l’attribution d’une zone naturelle de la région de Genk, en province du Limbourg, à la société de transport Essers NV,  qui souhaite y construire de nouvelles infrastructures. Pour le comédien, hors de question de laisser aboutir ce projet. Il l’a déclaré sans ménagement sur Facebook.

Son message a été lu par la ministre, qui a décidé de réagir sur le plateau de l’émission Terzake. « Chaque semaine, Wouter Deprez se plait à attaquer un nouveau ministre. Cela fait un moment que cela dure. » avait-elle relativisé. Avant d’ajouter : « il est mal informé ». Précisant que l’entreprise crée de l’emploi en Flandre, elle dira aussi que Essers NV ne peut s’agrandir que dans cette zone, car ses activités sont « en lien avec le secteur fluvial et maritime ».

« Je ne vois pourtant pas d’eau à cet endroit », a alors fait remarquer Deprez dans une nouvelle publication. « Et les activités pour lesquelles Essers souhaite s’agrandir n’ont rien à voir avec le transport fluvial ou maritime » s’étonnera-t-il encore, avant d’accuser ouvertement la ministre de ne rien connaître à son dossier. « Voir de l’eau là où il n’y en a pas, cela s’appelle un mirage. Mme Schauvliege, quand vos hallucinations se seront dissipées, je vous prie de faire la seule chose qu’il vous reste à faire : demandez au Conseil des ministres de rejeter cette demande d’affectation. »

La mort dans l’âme, Schauvliege a bien dû se rendre à l’évidence et donner raison à l’humoriste. Mais selon elle, il ne s’agit que d’une « maladresse de formulation », comme l’a qualifié sur la VRT son porte-parole Jan Pauwel. Essers est une société de transport qui a besoin d’un accès rapide à l’autoroute et dont les activités ne s’étendent pas au transport sur voies navigables. D’autres zones, qui offraient bel et bien des infrastructures adaptées à ce type de transport, ont justement été écartées parce qu’elles étaient trop éloignées du réseau autoroutier. »

Le porte-parole a expliqué que les citoyens et les associations avaient jusqu’à fin juillet pour exprimer leurs doléances. Les plaintes seraient en cours d’analyse par l’administration. Ensuite, le gouvernement flamand se prononcera de façon définitive sur le changement d’affectation de la zone naturelle.

L’article en V.O. de Nathalie De Bisschop

Traduit du néerlandais par Guillaume Deneufbourg

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