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19 juillet 2018

Produits impropres à la consommation? Peu de Belges les ramènent au magasin

L’information a été relayée partout : sites web et journaux ont publié les images des emballages de petits pois, paella et haricots congelés de la marque Greenyard, potentiellement contaminés à la listeria. Ils présenteraient un danger pour les personnes âgées, les femmes enceintes et les consommateurs au système immunitaire affaibli. Si ce cas particulier a fait beaucoup de bruit, il n’est pas rare que des produits soient rappelés parce qu’ils sont contaminés par une bactérie ou contiennent des substances nocives. Selon un recensement du Standaard, de telles opérations ont lieu plus de deux fois par semaine.

Depuis le 1er janvier, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) en a déjà mené 75. Il s’agit la plupart du temps de produits alimentaires (potentiellement) contaminés par la salmonelle ou présentant une teneur excessive en substances nocives telles que les pesticides. En avril, par exemple, des mises en garde ont été publiées contre du lait en poudre pour les enfants de moins de six mois, possiblement contaminé par une bactérie causant de la fièvre. Le même mois, des bouteilles d’une grande marque de bière ont été rappelées parce qu’elles pouvaient contenir des morceaux de verre. Et lundi dernier, Albert Heijn a retiré du poulet potentiellement infecté par la salmonelle.

Un cas qui fait grand bruit

Ce qui est exceptionnel, en revanche, c’est qu’un rappel suscite autant d’attention médiatique que celle accordée aux légumes congelés de Greenyard. Il est plutôt rare qu’une opération européenne d’envergure soit déployée après que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a analysé une contamination spécifique et établi un lien avec le décès de personnes ayant consommé des produits infectés.

En Belgique, la plupart du temps, ce sont plutôt des contrôles de routine de l’AFSCA ou des supermarchés eux-mêmes qui provoquent les rappels. Il arrive également que les magasins reçoivent des avis des fournisseurs ou des réclamations des clients. Ils en informent alors la presse, mais ces nouvelles ne sont généralement reprises que dans les brèves.

On ignore si ces avertissements de sécurité à diffusion restreinte parviennent aux consommateurs lorsqu’ils ne sont pas relayés par les journaux télévisés. Quoi qu’il en soit, l’AFSCA et les supermarchés affirment redoubler d’efforts pour informer le public. « Un message sur Facebook nous permet de toucher de 10 000 à 100 000 personnes », explique Dorine van Geert, porte-parole de l’AFSCA.

Par ailleurs, les grandes chaînes affirment communiquer avec leurs clients de manière ciblée. Albert Heijn, par exemple, envoie un e-mail aux consommateurs ayant acheté un produit qui pose problème lorsque celui-ci est lié à une carte de fidélité. Colruyt applique une politique similaire pour les clients ayant fait leurs achats via Collect&Go. Roel Dekelver, le porte-parole de Delhaize, déclare que le magasin touche « tous ceux » qui sont concernés par les informations sur un rappel, notamment via les réseaux sociaux.

Remboursé

En fin de compte, seule une minorité de clients rapportent les produits au magasin après un avertissement. « Pour certains rappels, les chiffres sont dérisoires. En tout cas, ils ne sont jamais élevés », résume Sally Herygers, porte-parole d’Albert Heijn Belgique.

La représentante de Lidl évoque également quelques « dizaines de clients » qui, en juin, ont rapporté des emballages de popcorn dont il s’est révélé qu’il contenait une substance nocive en quantités trop élevées. « Quant à la tapenade d’olives (rappelée début juillet en raison d’une potentielle contamination à la salmonelle, NDLR), aucun paquet n’a été rapporté. »

Hier, les principales enseignes ayant vendu les légumes congelés du site hongrois de Greenyard, Delhaize et le groupe Colruyt, ne disposaient pas encore d’informations sur le nombre de produits rapportés. Les clients qui répondent à une demande de rappel sont remboursés du prix d’achat. Et Colruyt ajoute que parfois, l’entreprise et les fournisseurs réalisent des analyses complémentaires sur les articles en question.

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