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Le Parlement bruxellois dans le chaos total

(c) Wikipedia

22 mars 2018

Le Parlement bruxellois dans le chaos total

Temps de lecture: 2 minutes

L’incertitude plane toujours sur le Parlement bruxellois. Une majorité de rechange chasse l’autre. Les parties de la majorité cherchent des alliances avec l’opposition, tandis que cette dernière se plaît à aller dans le sens de la majorité.

Pour opposer leur veto, les partis flamands abusent sans vergogne de la double majorité, clé de voûte de la démocratie bruxelloise. Désormais, ce sont les francophones qui menacent de recourir au mécanisme antiblocage pour contourner le veto flamand. Ce qui n’était pas le but non plus.

Bref, la rue du Lombard est plongée dans le chaos total.

Et le pire reste à venir. Vendredi, Els Ampe, députée de l’Open VLD, a refusé de voter une proposition (la tirette hommes-femmes) — à laquelle son parti n’est pourtant pas farouchement opposé — tant que le reste de la chambre n’accepterait pas une proposition de l’Open VLD (la suppression de la case de tête).
Du jamais vu. Si le marchandage et le chantage n’ont rien d’inédit en politique, ces tractations étaient jusqu’ici confinées aux couloirs du parlement : on ne les étalait pas en public.

C’est une nouvelle à la fois bonne et mauvaise. Commençons par le positif : le fait que les discussions se détachent de la discipline de majorité est bénéfique pour la démocratie. Elles portent à nouveau sur les fondements et les débats sont ramenés dans l’hémicycle, indépendamment des autres intérêts.

On comprend bien que les scandales du Samusocial ont bouleversé la donne. La démocratie bruxelloise a urgemment besoin de grands travaux de ravalement. Mais l’accord de majorité n’a rien prévu à ce sujet. Les parties peuvent donc exposer leurs positions librement et tenter de faire adopter les points qui leur tiennent à cœur. Avec le soutien de la majorité ou de l’opposition.

Mais pour la démocratie, ces chamailleries sont aussi préjudiciables. Les électeurs n’ont que faire des petites manœuvres politiques. Ils veulent de la clarté, pas des querelles. Pire encore : à ce stade, personne ne sait ce qui s’est réellement décidé et en quoi ces choix permettront à la démocratie bruxelloise d’aller de l’avant.

Il n’en reste pas moins que la politique bruxelloise a accompli d’importants progrès. Le Parlement publie désormais la rémunération exacte des députés et les citoyens pourront vérifier dans quelles ASBL siègent leurs représentants.

Les émoluments des cumulards seront écrêtés, une commission déontologique mise en place et le gouvernement bruxellois travaille à une ordonnance révolutionnaire visant à renforcer la publicité de l’administration. Peut-être qu’un décumul intégral sera instauré et que vendredi, les députés ont décidé de supprimer les listes de suppléants pour les élections. Ce qui n’est pas rien.

En d’autres termes, la politique bruxelloise est en bonne voie pour améliorer sa gouvernance et renforcer sa transparence. Mais elle devra faire de son mieux pour en convaincre les électeurs.

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