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2 novembre 2018

Nominations politiques: la guerre pour les postes est ouverte

Traducteur Aubry Touriel

Rien n’est plus pénible à justifier que des nominations politiques. Un parti qui pousse un collaborateur de cabinet ou un politique (qu’il soit ou non mis sur une voie de garage) vers un poste hautement rémunéré, c’est pour gagner en puissance : ça ressemble à du pouvoir politique ordinaire.

Mais tous les partis le font. Par exemple, le gouvernement fédéral a nommé Steven Vanackere (CD&V) au poste de directeur de la Banque nationale de Belgique. Il y remplace Marcia De Wachter, deuxième sur la liste CD&V pour les communales à Overijse. Une simple succession.

Le reste du puzzle semble un peu plus difficile. Tous les partis au pouvoir lorgnent un poste. Et il y a souvent deux candidats pour la même fonction. Pour trancher le problème, il est utile d’avoir beaucoup de postes à distribuer, même si cela s’apparente en de nombreux points à la vente de bétail.

« Ces nominations sont de toute façon importantes pour les partis « , déclare le politologue Nicolas Bouteca (UGent). « Si vous pouvez nommer un haut fonctionnaire de votre propre cabinet, vous pouvez peser sur la mise en œuvre de la politique. Ou mettre des bâtons dans les roues si vous n’aimez pas une mesure. Il est également utile d’avoir des antennes pour récolter des informations. Surtout quand on se retrouve dans l’opposition, de telles connexions s’avèrent pratiques. Et c’est une solution élégante pour le personnel politique qui se trouve sur le banc des réserves. Surtout maintenant que les listes doivent être constituées avant mai 2019. »

Le gouvernement fédéral doit proposer de nouveaux candidats au sein de cinq institutions :

Société Fédérale de Participations et d’Investissement (SFPI)

Quoi ? La SFPI est un organisme d’investissement du gouvernement fédéral. Elle est la société de holding dans les entreprises privatisées comme Bpost. Elle est le mandataire de l’État dans Belfius, BNP Paribas et d’autres banques. Des milliards d’euros circulent via la SFPI. Cette semaine, six mandats de gestion arrivent à échéance et le comité de direction attend une décision depuis des mois.

Salaire ? Le PDG gagne 290.000 euros par an.

Candidat ? L’Open VLD aimerait le plus obtenir le poste de PDG et nommer à nouveau l’ancien chef de cabinet de Didier Reynders, Koen Van Loo, mais la N-VA est également intéressée.

Banque nationale de Belgique (BNB)

Quoi ? Après la nomination de Steven Vanackere, d’autres suivent. Le gouverneur Jan Smets (CD&V) part à la pension l’année prochaine et le vice-gouverneur Pierre Wunsch (MR) lui succède. Un poste au sein du comité de direction va donc se libérer.

Salaire ? Le poste le plus onéreux est celui de vice-gouverneur : 391.000 euros par an.

Candidats ? Les trois partis flamands au fédéral ont ce poste en ligne de mire. Le CD&V a probablement le moins d’atouts vu que Steven Vanackere vient juste d’être parachuté à la tête de la BNB. L’Open VLD soutient la candidature de l’ex-chef de cabinet Tim Hermans, la N-VA celle de Tom Dechaene qui a surtout fait ses preuves dans le monde entrepreneurial.

CREG (Commission de Régulation de l’Électricité et du Gaz)

Quoi ? LA CREG donne des conseils au gouvernement fédéral en matière du marché de l’énergie et contrôle les distributeurs d’énergie. L’organisme détermine les tarifs nets et doit faire en sorte que le marché puisse fonctionner correctement. La CREG va avoir un nouveau président.

Salaire ? Le président gagne 250.000 euros par an.

Candidats ? Le MR a ouvertement des vues sur le poste et compte le réserver à Anne Junion, chef de cabinet de la ministre à l’Énergie Marie-Christine Marghem. De côté flamand, la N-VA propose Francis De Meyere, le spécialiste en énergie du cabinet de Jan Jambon, l’Open VLD, Andrea Tirez, l’un des directeurs de la CREG et le CD&V Sven Vaneycken, spécialiste en énergie du cabinet de Kris Peeters.

Banque européenne d’investissement (BEI)

Quoi ? La BEI est l’institution financière de l’Union européenne. Elle finance des projets qui stimulent l’intégration européenne. Il y a 10 mois, la Belgique devait proposer un candidat pour un poste de vice-président, mais elle a raté l’échéance en raison de querelles politiques.

Salaire ? Le salaire est équivalent à celui de vice-président de la Commission européenne, c’est-à-dire 276.000 euros par an

Candidats ? La N-VA aimerait vraiment bien avoir le poste. Les noms du ministre flamand de l’Économie Philippe Muyters et du ministre fédéral des Finances Johan Van Overtveldt circulent. Mais le MR a aussi un candidat.

Bpost

Quoi ? Depuis des mois, le gouvernement fédéral doit remplir trois sièges au sein du conseil d’administration de Bpost : deux francophones, un néerlandophone. L’entreprise doit effectuer une transition difficile de la livraison traditionnelle de courrier vers des paquets.

Salaire ? 20.000 euros de rémunération fixe par an + 1.700 euros par jeton de présence par réunion

Candidats ? Du côté francophone, il n’y a pas de discussion. En Flandre, le CD&V et la N-VA s’opposent. Les chrétiens démocrates souhaitent garder Carolien Ven, l’ancien chef de cabinet d’Yves Leterme, mais la N-VA aimerait un autre candidat.

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