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Le politologue Carl Devos prédit « deux années de déboires pour le gouvernement flamand »
20·05·22

Le politologue Carl Devos prédit « deux années de déboires pour le gouvernement flamand »

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

BELGA (JAMES ARTHUR GEKIERE)

Auteur⸱e
Maxime Kinique
Traducteur Maxime Kinique

Sortir son parti de l’ornière et tenter de prolonger l’accord sur l’azote et de rivaliser avec Zuhal Demir (N-VA) en province de Limbourg, tout cela en évitant de déclencher une guerre avec les nationalistes flamands : le défi qui attend le tout nouveau ministre flamand Jo Brouns (CD&V) est de taille ! « Les deux prochaines années seront tout sauf un long fleuve tranquille pour le gouvernement flamand », prédit le politologue Carl Devos.

Conflits en interne, bourdes du ministre-président, politique d’opposition au gouvernement fédéral, refus de permis pour la centrale au gaz de Vilvorde, commission d’enquête PFOS… : ces dernières années, ce ne sont pas les dossiers conflictuels qui ont manqué sur la table du gouvernement flamand.

Avec l’accord de début février sur les dossiers les plus délicats de cette législature – azote et stop au béton -, Jan Jambon espérait une nouvelle fois repartir sur de bonnes bases avec son équipe, mais la démission de Wouter Beke (CD&V) et l’intronisation de Jo Brouns en tant que ministre de l’Agriculture pourraient bien contrecarrer les desseins du « numero uno » flamand.

Jo Brouns, un « gars ordinaire » qui devient le nouveau ministre flamand pour le CD&V

Le bourgmestre de Kinrooi aura pour tâche non seulement de donner plus de mordant à son parti, mais également de défier la redoutable Zuhal ­Demir (N-VA) en Limbourg. Dans ce contexte, cela arrange bien le CD&V que Demir soit perçue comme la garante de l’accord azote, qui suscite tant d’opposition chez les agriculteurs.

En tant que membre du Boerenbond et représentant de la Flandre rurale, Brouns doit permettre au CD&V de renouer ses liens historiques avec le secteur agricole, l’un des derniers bastions que le parti possède encore. Car si la colère des agriculteurs devait les inciter à rallier le Vlaams Belang, ce serait un nouveau cauchemar pour de nombreux partisans du CD&V.

Bref, les relations avec la N-VA seront inévitablement émaillées de conflits. D’ailleurs, Brouns n’a même pas attendu sa prestation de serment officielle au Parlement flamand pour s’attirer les foudres de Demir (voir également ci-dessous).

Un nouveau départ déjà mort et enterré

Le politologue Carl Devos (UGent) s’attend à deux nouvelles années de déboires pour le gouvernement flamand, qui devra composer avec un CD&V radicalisé et qui devra engranger des succès politiques. « Le CD&V sacrifiera la paix au sein du gouvernement sur l’autel de sa propre survie. Je crains que le nouveau départ qu’escomptait Jan Jambon avec l’accord sur l’azote soit déjà mort et enterré. Entre Sammy Mahdi et le président de la N-VA Bart De Wever, les relations ne sont pas au beau fixe, et cela se traduira automatiquement par plus de conflits. »

Le CD&V n’est-il pas en train de jouer avec le feu et ne risque-t-il pas de se faire éjecter par la N-VA en 2024 ? « L’avantage de ce parti, c’est que la N-VA nourrit une aversion beaucoup plus forte encore pour l’Open VLD que pour le CD&V lui-même. Le risque que vous évoquez s’en trouve ainsi réduit. »

Wouter Beke: l’inévitable démission

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