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Le MR sur les traces de la N-VA en Wallonie
12·01·22

Le MR sur les traces de la N-VA en Wallonie

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Pixabay License

Auteur⸱e
Dominique Jonkers
Traducteur Dominique Jonkers

Le départ de Jean-Luc Crucke, passant du gouvernement wallon à la Cour constitutionnelle, en dit long sur le positionnement choisi par le MR sous l’impulsion de son fougueux président, Georges-Louis Bouchez. Chez les libéraux francophones, il n’y aura plus de place, désormais, pour une frange bleu clair, légèrement orientée à gauche sur des thèmes tels que le climat, la migration, la fiscalité ou le régionalisme. « Mes convictions qui, ne vous y trompez pas, sont des convictions libérales, ne sont cependant plus en pleine adéquation avec la ligne de mon parti », a constaté sobrement, hier, l’ex-ministre du Budget, qui est parfait bilingue.

À tout mandataire politique désireux de trouver une sortie constructive à une telle situation s’ouvrent deux possibilités. Soit il opte pour la loyauté, conserve ses mandats, fait taire ses objections — au moins en public — et attend patiemment des temps meilleurs. Soit il privilégie ses convictions et démissionne.

Et quand, dans ce cas, sa décision s’accompagne, comme hier, d’un vernis légèrement hypocrite de respect mutuel, il ne manque pas, en politique, de renvois d’ascenseur possibles. Comme une nomination à la Cour constitutionnelle, par exemple. Que ce choix s’accompagne d’un brin de self-service est une préoccupation rarement déterminante pour un président de parti.

Après tout, rien n’empêche un cacique insatisfait d’opter pour une troisième stratégie, aux conséquences potentiellement très destructrices. Dans ce cas, le dissident clame à tue-tête sa déception face aux choix opérés par les dirigeants de son parti, saisissant chaque occasion de s’en distancier. L’Open VLD, parti frère du MR en Flandre, en a appris le prix à ses considérables dépens : en fin de compte, on finit toujours par pousser l’intéressé et ses partisans vers la sortie, à grand tapage, et au prix de divisions internes profondes et extrêmement tenaces.

Manifestement, MM. Crucke et Bouchez n’ont pas voulu en arriver là, preuve qu’en dépit de son image de personnage clivant, le président du MR sait aussi trouver des solutions pragmatiques. Sur le plan stratégique, il privilégie clairement l’aile droite – mal desservie – de l’électorat wallon.

Celle-là veut moins d’impôts, moins d’immigration, moins de frais de transition climatique, mais aussi, ne l’oublions pas : davantage de Belgique.

Face à Georges-Louis Bouchez, le sourire forcé des libéraux flamands

Une fois de plus, il est frappant de constater à quel point ce programme diffère des choix de l’Open VLD : une tendance forte au bleu clair, en échange d’un strapontin de Premier ministre. Manifestement, le président du MR a décidé de baliser une voie porteuse de gains politiques. Pour l’Open VLD, de plus en plus concurrencé par la N-VA sur son flanc droit, la perspective est beaucoup moins claire.

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