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29 août 2018

Droits des LGBT : l’hypocrisie de la N-VA

Temps de lecture: 2 minutes
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

À la N-VA, on a l’habitude de gérer les dérapages du célèbre secrétaire d’État Theo Francken. Mais ce qu’il a posté sur Facebook dimanche soir, à savoir un message dénonçant les « hommes qui se maquillent, s’épilent, portent des « sacoches » et tombent enceints » représente un défi particulier pour le parti. Francken qui, même après dix tentatives, n’a pas réussi à limiter les dégâts, a dû retirer sa publication, laissant ses partisans dans l’embarras.

Le président du parti, Bart De Wever, vit d’ores et déjà une rentrée pénible. En effet, pendant les vacances, plusieurs ténors de son parti ont reconnu qu’ils s’étaient imaginé, au départ, que leur participation au gouvernement aurait été plus forte. Par exemple, les promesses sur les plans socio-économique et budgétaire n’ont pas pu être aussi bien remplies qu’ils l’espéraient, même au sein d’une coalition suédoise qui leur est pourtant favorable. Et maintenant, il doit affronter la tempête provoquée sur Twitter par la star du parti sous le soleil d’Andalousie. Est-ce à cause du nombre élevé de défis à relever que De Wever a sous-estimé la gravité de ce dernier incident ?

De Wever s’est contenté de déclarer, à la sortie d’une réunion du bureau du parti, que l’opinion de Francken sur les « hommes en lingerie » n’est pas celle du parti, mais que ce dernier ne doit pas présenter d’excuses pour autant. Selon le parti, c’est une gaffe, rien de plus, et d’ailleurs, la N-VA a toujours été en première ligne dans la défense des droits des LGBT.

Le faux pas de Francken apporte de l’eau au moulin de ceux qui prétendent que la position du parti en la matière est surtout tactique, et qu’elle vise en premier lieu l’homophobie de nombreux musulmans qui ne respectent pas « nos valeurs ». En ne forçant pas Francken à s’excuser, De Wever donne l’impression que le parti a un avis différent de celui de son macho le plus populaire, et que cette divergence d’opinions ne pose pas de problème. C’est ce qui s’appelle de l’hypocrisie.

Les membres de la N-VA ont vite compris, dimanche soir, que le geste de Francken était indéfendable. Pas de #iksteuntheo (« je soutiens Theo », ndt) sur Twitter cette fois-ci. Seul un rappel à l’ordre sans ambiguïté, accompagné si nécessaire d’une boutade faisant référence aux rayons brûlants du soleil espagnol, aurait pu atténuer les effets du post, mais ce n’est pas la voie qu’a empruntée De Wever. On ne touche pas au dieu « Theo ».

C’était pourtant l’occasion rêvée d’endiguer un phénomène politique devenu hors de contrôle. Ce week-end, Francken s’est vanté de ses 170 000 fans sur Facebook, un record de Belgique, tout en admirant les 3 millions de fans abonnés au compte de son collègue italien Matteo Salvini. Son addiction aux coups d’éclat sur les réseaux sociaux, y compris en vacances, est inquiétante. Son style, qui l’a mené là où il est maintenant, éclipse sa réflexion. C’est son plus grand danger. La N-VA, elle, se rend compte pour la première fois que Theo n’est pas seulement un atout. C’est aussi un problème.

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