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Crise énergétique: voici les plans d’aide sur la table du gouvernement flamand
23·09·22

Crise énergétique: voici les plans d’aide sur la table du gouvernement flamand

Temps de lecture : 3 minutes Crédit photo :

Image par Frauke Riether de Pixabay

Le gouvernement flamand décidera prochainement des mesures d’aide à la population et aux entreprises dans le cadre de la crise énergétique. Lundi, à l’occasion de la traditionnelle Déclaration de septembre devant le Parlement flamand, le ministre-président Jan Jambon devra disposer d’un budget ficelé, comprenant l’ensemble des interventions de crise. Les revendications sont sur la table. Place à présent aux décisions.

Le bus à 1 euro ?

Lydia Peeters, ministre de la Mobilité (Open Vld), propose d’instaurer le ticket tram-bus à la journée à 1 euro. Plusieurs sources au sein du gouvernement nous le confirment. L’idée est d’agir sur le pouvoir d’achat : en raison des prix élevés des carburants, favoriser les déplacements en transports publics en réduisant le coût des trajets semble une piste intéressante à suivre. Sans compter les retombées positives sur la circulation…

De Lijn : terminus, tout le monde descend !

Néanmoins, compte tenu des contre-arguments avancés, il est peu probable que la proposition soit approuvée : la situation financière de De Lijn n’est déjà pas mirobolante et le gouvernement flamand ne semble pas disposé à casser sa tirelire pour cette mesure, d’autant que rien ne dit qu’elle incitera effectivement le plus grand nombre à se tourner vers les transports en commun. Et même en imaginant que ce soit le cas : est-il bien judicieux de vouloir entasser les uns et les autres dans des bus et des trams en période de crise sanitaire ?

Au cabinet de la ministre, la fuite met mal à l’aise. Personne ne souhaite en dire davantage. « Nous avons formulé une série de propositions. Nous en discuterons. »

Aider les entreprises à payer leur facture énergétique ?

Pour Zuhal Demir, ministre de l’Énergie (N-VA), les mesures de protection du pouvoir d’achat qui visent à limiter l’augmentation des factures d’énergie – en baissant les taxes, par exemple – ne sont pas la panacée. Son raisonnement ? Le contribuable finira quoi qu’il en soit par payer la note au final. Selon elle, le « jobbonus » est plus à même d’apporter une bouffée d’oxygène aux travailleurs actifs de la classe moyenne inférieure.

En Flandre, la déclaration gouvernementale était tout sauf banale

N’oublions pas les entreprises, rappelle également Jo Brouns, ministre de l’Économie (CD&V), dont le projet, déjà approuvé au niveau européen, est sur la table depuis plusieurs semaines. Le principe : les entreprises qui apportent la preuve qu’elles réalisaient des bénéfices avant la hausse des prix de l’énergie et qui s’engagent pleinement dans la transition énergétique pourront bénéficier d’un coup de pouce gouvernemental. Les points d’interrogation demeurent toutefois nombreux : quelle forme prendra cette aide ? Subside ou prêt à taux zéro ? Quels critères adopter pour sélectionner les bénéficiaires ?

« Jobbonus » ou allocations familiales ?

Seule certitude : la nécessité de protéger le pouvoir d’achat. L’Open Vld et la N-VA se disent très favorables à un élargissement du « jobbonus » : aujourd’hui, celles et ceux qui touchent 1800 EUR bruts peuvent bénéficier d’une prime annuelle de 600 EUR. Ce montant diminue ensuite progressivement avec la hausse du revenu, jusqu’à disparaître au-delà de la barre des 2500 EUR. Bart Somers, vice-ministre-président (Open Vld), veut relever ce seuil à 3000 EUR, ce qui reviendrait à octroyer une prime à 40% des travailleurs actifs. La N-VA appuie cette proposition.

La Wallonie « copie-colle » le système flamand d’allocations familiales

Le CD&V, de son côté, souhaite une augmentation de l’indexation en vigueur sur le « groeipakket », équivalent des allocations familiales en Flandre. Wouter Beke, ancien ministre du Bien-être, avait en son temps taillé dans cette indexation par souci d’économie, avant que l’inflation ne se mette à galoper. Son parti est donc prêt à faire marche arrière. S’il va être budgétairement compliqué de compenser intégralement l’inflation, il est clair que les chrétiens-démocrates ne comptent pas revenir bredouille des négociations. « Nous agirons sans doute sur les deux leviers simultanément » augure une autre source gouvernementale.

Quid de la crise dans les crèches et les structures d’accueil ?

L’énergie ne sera pas l’unique sujet à l’ordre du jour. La question des crèches est également brûlante. Ce secteur peine à recruter et la pénurie de main-d’œuvre commence à se faire cruellement ressentir sur le fonctionnement des structures d’accueil. Membres du personnel qui jettent l’éponge, parents désespérés qui se retrouvent sans solution, etc. Hilde Crevits, actuelle ministre du Bien-être (CD&V), serait en train de bricoler une solution. Son objectif ? Trouver un moyen d’augmenter le nombre d’auxiliaires pour les tout-petits, qui demeurent – de très loin – le groupe qui a le plus besoin d’encadrement.

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