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23 août 2016

Bart de Wever exaspéré par les caricatures du CD&V

Temps de lecture: 3 minutes

À peine rentré de vacances, Bart De Wever est déjà exaspéré. Les autres partis n’ont de cesse de caricaturer les propositions de la N-VA en matière de gouvernance armée, de liberté d’expression et de burkini. Il entend bien leur rendre la monnaie de leur pièce. « À les entendre, on jurerait que le burkini est devenu le plus grand tournant dans l’histoire de l’émancipation de la femme depuis l’époque où les Dolle Minas brûlaient leurs soutiens-gorge. »

Le président de la N-VA est rentré du Tyrol, ça sent la fin des vacances. Allez les souris, fini de danser ! Le chat est revenu. Peter De Roover, chef de groupe N-VA à la Chambre, a plaidé pour que les discours de sympathie envers l’État islamique soient sanctionnés, en dépit de la liberté d’expression. La parlementaire flamande Nadia Sminate a proposé d’interdire le burkini sur les plages flamandes. Les deux propositions n’ont pas du tout convaincu les partis de la majorité et ont déchaîné les moqueries de l’opposition. Pour comble de malheur, De Roover et Sminate ont été désapprouvés par Hendrik Vuye, le spécialiste du droit constitutionnel de la N-VA, qui leur a fait savoir qu’ils auraient mieux fait d’y réfléchir à deux fois avant de lancer des idées aussi inutiles qu’impossibles à mettre en pratique.

Bonne chance

 

Bart De Wever a expliqué par téléphone qu’il ne faisait pas grand cas de ces affaires. « Je n’aime pas que mon parti soit divisé. Sur le fond, nous sommes tous d’accord sur la nécessité de mieux nous armer face à une idéologie qui menace notre société. Il s’agit d’un débat purement juridique. La question est de savoir s’il faut adapter la loi ou si la loi existante suffit à combattre de manière réactive et préventive l’extrémisme islamique. »

« Ce débat fait rage partout en Europe, affirme le président de la N-VA. En Grande-Bretagne, Anjem Choudary, le cerveau du mouvement Islam4UK, a été condamné à dix ans de prison. Non pas sur la base de ses actes, mais sur la base de ses paroles. On n’a pas pu prouver qu’il a recruté des membres ou levé des fonds pour Daesh. En revanche, il a été reconnu coupable d’avoir exprimé son soutien à l’État islamique. C’était suffisant pour le condamner. Une telle condamnation est-elle possible ici ? Si ce n’est pas le cas, elle devrait l’être. »

Mais c’est sans compter sur le vice-premier ministre CD&V Kris Peeters. Si la N-VA persiste à vouloir imposer ce qu’elle appelle la gouvernance armée, le gouvernement a un problème », a-t-il déclaré dans De Standaard. « Il a mal compris la proposition, réagit De Wever. Comme si moi, bourgmestre, je me prenais pour un shérif qui réclame le droit d’enfermer arbitrairement, à ma guise, des extrémistes musulmans. Bien sûr que non. Par contre, je m’inquiète très fort, comme nos policiers, de voir des sympathisants de l’État islamique courir les rues en toute liberté, ex-combattants syriens compris. De nombreux attentats en Europe sont l’œuvre de terroristes figurant sur toutes les listes des services de renseignement et des ministères de la Justice. Comment le gouvernement pourra-t-il expliquer cela au citoyen ? Bonne chance ! »

Tempête en mer

 

Kris Peeters refuse-t-il de comprendre ? Fait-il exprès de déformer les propos de la N-VA ? Bart De Wever pense que oui. « Pour Peeters, la plupart de nos propositions ne sont pas sages, pour utiliser son expression favorite. Et je le regrette. Mais ce qui m’agace le plus, c’est que M. Peeters, et avec lui tout le CD&V, font exprès de déformer mes propos. Ils font croire que j’ai qualifié le CD&V de parti musulman, alors que c’est le président de leur propre mouvement de jeunesse qui a lancé ce concept. Ceci dit, je remarque que le CD&V est le seul parti à continuer de défendre bec et ongles l’abattage rituel sans étourdissement. Que ce parti emploie des collaborateurs – Abderrahim Lahlali et Youssef Kobo – qui m’ont accusé sans vergogne de racisme tout en faisant passer leurs propos haineux pour des erreurs de jeunesse. Que des sections locales du CD&V organisent un iftar pendant le ramadan, tandis que le carême et Pâques y passent inaperçus. Dois-je en conclure que le CD&V a pour objectif d’attirer les voix des musulmans ? Mais cela n’en fait pas un parti musulman pour autant. »

Puis, nouvelle tempête – en mer cette fois-ci – à propos du burkini. Johan Vande Lanotte (sp.a) a affirmé que la N-VA s’érige de plus en plus en police de la morale. Et qu’il n’a pas encore vu le moindre burkini sur la plage d’Ostende. « On aime bien se gausser de cette histoire d’interdiction du burkini, soupire De Wever. Comme s’il s’agissait en somme d’une banale question de bon ou de mauvais goût, un peu comme le port de chaussettes blanches dans des sandales. J’ai lu à ce sujet les opinions de gauche les plus folles. Si je comprends bien, il faudrait considérer le port du burkini comme l’un des principaux tournants dans l’histoire de l’émancipation de la femme depuis les années 70, époque à laquelle les Dolle Minas brûlaient leurs soutiens-gorge. Avant, une musulmane pouvait se poser sur la plage à condition d’être sous une petite tente. Aujourd’hui, elle peut l’enfiler pour aller nager. Ça, c’est du progrès. »

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