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Accord sur l’énergie : une potée à la belge
03·02·22

Accord sur l’énergie : une potée à la belge

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Pixabay

Alléluia ! Un accord sur l’énergie est enfin tombé ! Quiconque pensait que des semaines de négociations allaient accoucher d’un ingénieux mécanisme afin d’alléger notre facture énergétique se mettait néanmoins le doigt dans l’œil. Finalement, nous recevons donc une potée à la belge.

Une prime ? Bon. Une réduction de la TVA ? Allez. La prolongation du tarif social ? D’accord. Tous les ingrédients sont réunis pour que chaque parti y trouve son compte. Mais si cette cacophonie permet de retrouver de l’harmonie au sein de la Vivaldi, elle n’en demeure pas moins remplie de fausses notes.

À quelque chose malheur est bon, dit-on. Force est de constater que le gouvernement fédéral ne saute pas sur l’occasion que représente la crise actuelle. Le gouvernement flamand, qui doit enfin sortir de l’ombre après cet accord, est invité à mieux faire. Le gouvernement De Croo accorde 1,1 milliard d’euros à la politique énergétique qui, pour l’instant, est bancale. Pourtant, les deux ministres aux manettes que sont Vincent Van Peteghem (CD&V) et Tinne Van der Straeten (Groen) avaient bel et bien l’intention de remédier à ce problème. Une astucieuse réduction de la TVA afin de rendre la facture moins salée a été élaborée à cet effet. Mais c’est pour plus tard, nous dit-on maintenant. Un refrain qui n’est pas sans rappeler la sortie du nucléaire. Plus tard, donc.

C’en est devenu une tradition : nous décidons de reporter la décision. Les uns prétendent que c’est parce que le travail de Vincent Van Peteghem n’était pas achevé. Les autres se font un malin plaisir à ne pas donner satisfaction à celui qui a pris le taureau par les cornes. C’est pénible. Comme si une politique réfléchie ne profitait pas à tout le monde. Y compris aux partis du gouvernement, dont certains naviguent déjà à l’aveuglette.

L’art du compromis

Le citoyen se retrouve face à un fameux bric-à-brac. Vous me direz la classe politique belge cultive l’art de compromis. Mais ce n’est pas parce que sept partis gouvernent ensemble que nous devons nous contenter d’un accord qui convient peu ou prou à chacun d’entre eux. Ce compromis résout-il le problème ? Voilà la question qu’il convient de se poser. Cet arrangement apporte en tout cas un peu de soulagement. Des mesures suivront, alors que l’indexation des salaires poursuit sa progression et que l’État devra sortir la bagatelle de 280 millions d’euros de sa poche. Où trouvera-t-il une telle somme ? Le mystère reste entier.

Quant à savoir si cet accord ne laisse personne sur le carreau, comme l’indique le premier ministre, rien n’est moins sûr. Pour celles et ceux qui ne bénéficient pas du tarif social, les 165 euros de coupe de pouce sur une facture qui augmente de plusieurs milliers d’euros ne sont qu’un emplâtre sur une jambe de bois.

La réalité est qu’à défaut d’autres réformes, nos politiques ont les mains en partie liées. Dans ce pays, la marge de manœuvre financière limitée ne permet pas d’être généreux à outrance en période de crise. Et nos dirigeants n’ont qu’à s’en vouloir à eux-mêmes. Voilà le résultat d’une politique financière laxiste. De dépenses structurelles excessives. Nous avons mis la charrue avant les bœufs. Les Néerlandais, plus prompts à surveiller leurs sous, reçoivent une prime de 400 à 800 euros par foyer sur leur facture annuelle. Il ne faut pas nécessairement être un maniaque des chiffres pour s’attaquer au budget. Il ne s’agit pas uniquement d’assurer ses arrières. Puisse cet épisode servir de leçon à celles et ceux qui n’ont ni la volonté, ni le courage d’agir. Et ce message s’adresse à tous les partis.

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